BFM Business

Tavares: "aucun signe d’une intention de l’État de se retirer de PSA"

Carlos Tavares estime qu'avoir l'État au sein de son capital est une chance pour PSA

Carlos Tavares estime qu'avoir l'État au sein de son capital est une chance pour PSA - Éric Piermont - AFP

Dans une interview accordée à Challenges, Carlos Tavares, le président du directoire de PSA, assure que l'État n'a aucune intention de se retirer du capital du constructeur, démentant ainsi des rumeurs persistantes. Et selon le patron du premier constructeur automobile français, il a tout intérêt à y rester.

Même s'il peut désormais faire une plus-value de plus de 800 millions d'euros, l'État ne retirera pas ses billes de PSA. C'est ce qu'affirme le président du directoire du constructeur, Carlos Tavares, dans une interview à Challenges, ce mercredi 2 mars.

"Je ne vois aucun signe, proche ou lointain, d’une intention de l’État de se retirer de PSA", affirme-t-il à l'hebdomadaire.

Back in the Race

L'État avait volé au secours d'un PSA exsangue en mars 2014, participant alors à une augmentation de capital de 1,6 milliard d'euros au total. Il avait alors déboursé 800 millions pour prendre 14% du groupe automobile, au même titre que le constructeur chinois Dongfeng.

Depuis ce sauvetage, PSA a fait du chemin et est désormais "Back in the Race" ("de retour dans la course") pour reprendre l'expression chère à Carlos Tavares, qui est également le nom de son plan stratégique pour la période 2014-2018. Le groupe a annoncé la semaine dernière avoir renoué avec les bénéfices, (1,2 milliard d'euros en 2015) et son cours de Bourse n'a cessé de grimper, au point que désormais l'État français peut réaliser une plus-value supérieure à 100%, les 14,1% de PSA étant valorisés à 1,657 milliard d'euros.

L'État "n'est pas sur notre dos"

De quoi nourrir les spéculations sur un retrait de l'État du capital du constructeur, d'autant que l'exécutif compte céder pour pas moins de 5 milliards d'euros de participations cette année. L'agence Bloomberg avait notamment relayé des rumeurs allant en ce sens à la mi-février.

Il n'en serait donc pas question, si l'on en croit Carlos Tavares. Au passage il confie que son groupe a tout intérêt à voir l'État se maintenir dans son capital. "Dans le monde chaotique dans lequel nous vivons, avoir l’Etat français comme actionnaire est un avantage compétitif", affirme-t-il. "Beaucoup de nos affaires touchent à la géopolitique. Une bonne discussion avec l’Etat peut avoir un grand intérêt", poursuit Carlos Tavares, ajoutant que l'"on a bien travaillé avec l’État pour notre retour en Iran".

"L'État est un actionnaire avisé, ajoute-t-il, Les représentants de l’APE (Agence pour les participations de l’Etat) jouent un rôle d’actionnaire homogène avec celui des autres". Et l'État "n’est pas sur notre dos".

J.M.