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Sans plans d'aide, la moitié des compagnies aérienne seront en faillite en juin

Sur BFM Business, Alexandre de Juniac, patron de l'association internationale du transport aérien, explique que le secteur a déjà perdu 310 milliards de dollars de revenus depuis le début du confinement.

Plan validé par l'Union européenne à 7 milliards d'euros pour Air France, 10 milliards d'euros en discussions pour sauver Lufthansa... Mais combien d'autres compagnies aériennes sont-elles en danger de mort à cause du coronavirus?

Pour Alexandre de Juniac, patron de l'Association internationale du transport aérien (IATA), la réponse est simple: "la quasi totalité des compagnies aériennes est en difficulté voire en très grande difficulté". Et de préciser: "nous allons perdre 310 milliards de dollars de chiffre d'affaires et nous allons consommer en trésorerie pour le deuxième trimestre (...) 61 milliards de dollars. C'est ça qui nous menace le plus, c'est être à court de trésorerie". 

L'Europe souffre particulièrement

Et de mettre en avant l'importance cruciale des plans de soutien décidés par le gouvernement de différents pays: "nous avons estimé (...) que si les plans gouvernementaux n'étaient pas mis en oeuvre d'ici juin, et normalement ils devraient l'être et dans des proportions assez importantes, (...) la moitié des compagnies aériennes seraient en faillite". Et toutes les zones géographiques sont logées à la même enseigne même si l'Europe souffre "particulièrement parce que le trafic a baissé de 90%", contre 80% en Asie-Pacifique et 70 à 75% en Amérique du Nord.

Ces aides sont-elles suffisantes? "Je dois dire qu'on a été assez bien reçus (par les gouvernements, NDLR). Ce qu'on leur a proposé ce n'est pas de dire: il y a une solution qui marche pour tout le monde. On leur a dit: 'On est en crise de trésorerie mais ça va au-delà de ça. Donc mettez en oeuvre un plan avec notamment des mesures de trésorerie mais pas que'. Ca peut être des soutiens financiers, des prêts garantis... (...) Et puis il faut que le plan mis en oeuvre pour la compagnie X ou Y (...) soit adapté à cette compagnie, à sa situation et aux conditions de fonctionnement du pays".

Ce qui n'empêchera pas les suppressions massives de postes. Déjà 3.000 licenciements ont été annoncés chez Ryanair. L'IATA n'a pas évalué le nombre de postes menacés "car les compagnies aériennes ont réagi de façon différente" (chômage partiel, congés sans solde...) mais l'association rappelle que l'ensemble des emplois qui dépensent directement et indirectement du transport aérien sont évalués à 25 millions de personnes dans le monde.

Olivier Chicheportiche