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Rhin-Rhône: la construction des LGV reportée à 2030?

Le projet des LGV, lignes à grande vitesse, source d'inquiétude chez des élus alsaciens

Le projet des LGV, lignes à grande vitesse, source d'inquiétude chez des élus alsaciens - -

Un rapport, qui doit être remis au gouvernement le 27 juin, préconise de reporter la construction de plusieurs lignes à grande vitesse au-delà de 2030. Une proposition qui a "scandalisé" les élus alsaciens.

Des élus alsaciens, "scandalisés" et "outrés" par la proposition du rapport Duron de reporter après 2030 des projets de lignes à grande vitesse, ont décidé jeudi d'écrire à François Hollande pour tenter d'infléchir son arbitrage.

Ce rapport sur les grands projets ferroviaires et routiers en France doit être remis le 27 juin au gouvernement. Il doit hiérarchiser les 70 projets retenus en 2007 au regard des contraintes budgétaires. Il ne retient qu'une seule LGV entre Bordeaux-Toulouse à l'horizon 2030 et privilégie la desserte de proximité par rapport à la grande vitesse.

Courrier à François Hollande

Jean-Marie Bockel, sénateur UDI et président de l'agglomération de Mulhouse, a confié être sur le point de "finaliser" un courrier au président de la République, qui sera ouvert à la signature de "l'ensemble des élus, présidents des conseils généraux et de région concernés" par un éventuel report de la LGV Rhin-Rhône.

Le président du Conseil général du Haut-Rhin, Charles Buttner (UMP), évoque un "scandale sans nom" et Jean-Marie Bockel se dit "à la fois désespéré et outré" par cette proposition figurant dans un projet de rapport de la Commission Mobilité 21.

Acquisitions foncières à hauteur de 80 millions

Alors que l'Alsace est majoritairement à droite, Bockel dit se refuser "à ce stade à croire qu'on cherche à punir l'Alsace d'avoir mal voté" en reportant ce projet.

"Le débat sur la pertinence du projet a eu lieu, l'arbitrage rendu, et de l'argent public engagé à travers des acquisitions foncières à hauteur de 80 millions d'euros", énumère Bockel.

Quant à l'argument d'un gain de temps limité avancé par les opposants au projet, il est balayé par la nécessité d'achever l'axe européen à grande vitesse Rotterdam-Anvers-Bâle-Lyon-Gênes, un des projets de LGV européens jugés "prioritaires" par l'Union européenne, affirme Bockel.

M.G. avec AFP