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Résiliation du contrat Autolib': Bolloré présente la facture

Vincent Bolloré estime à 300 millions d'euros le coût d'une résiliation.

Vincent Bolloré estime à 300 millions d'euros le coût d'une résiliation. - Eric Piermont - AFP

L'industriel breton estime à 300 millions d'euros le coût pour les collectivités d'une rupture de contrat.

Bolloré estime à 300 millions d'euros le coût pour les collectivités d'une résiliation du contrat du service de voitures électriques en libre-service Autolib', a indiqué ce vendredi le groupe à l'AFP.

Le Syndicat Autolib' Métropole proposera le 21 juin aux 98 communes qui le composent de résilier le contrat avec le groupe de l'industriel breton. Selon le groupe, une résiliation coûterait plus cher au syndicat qu'une poursuite du contrat jusqu'à son terme en 2023, que Bolloré chiffre à 233 millions d'euros.

Dans un communiqué, Autolib a "pris acte" de la décision de la présidente du syndicat de proposer aux élus la résiliation du contrat.

Le groupe a souligné que le contrat prévoyait dans un tel scénario le paiement de 150 millions d'euros, "le transfert de l'ensemble du personnel de la société Autolib'", "la reprise à la valeur nette comptable des biens du service", "le versement d'indemnités sur les contrats en cours" et "la prise en compte des dédommagements commerciaux envers les usagers".

La somme totale atteindrait ainsi 300 millions d'euros, selon les estimations du groupe Bolloré.

Bolloré demande 46 millions par an

La présidente du syndicat Autolib' Métropole, Catherine Baratti-Elbaz, a souligné dans un communiqué annonçant la proposition de résiliation que "les communes de la Métropole ne verseront pas les 233 millions d'euros que le groupe Bolloré exige".

Le groupe Bolloré a estimé à 293,6 millions d'euros la dette d'exploitation du service lancé en fanfare en 2011 sous Bertrand Delanoë (PS), jusqu'à la fin du contrat en 2023.

Contraint par contrat à donner de sa poche 60 millions d'euros, il a demandé aux collectivités utilisatrices du service dans la métropole, dont surtout Paris, de lui verser 46 millions d'euros par an pour régler le reste.

Pour que "cette résiliation ne pèse pas sur les usagers, le Syndicat Autolib' Métropole et la Ville de Paris feront le maximum pour que le service ne s'arrête pas du jour au lendemain. Cela dépendra en grande partie du groupe Bolloré, et nous en appelons à sa responsabilité pour prévoir une transition acceptable vers de nouveaux services", prévient le communiqué.

Le Syndicat affirme être "d'ores et déjà en discussion avec de nombreux acteurs pour organiser très vite ces nouvelles solutions d'autopartage. Les premières seront initiées avant la fin de l'année", selon Catherine Baratti-Elbaz.

Y.D. avec AFP