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Renault veut accroître le temps de travail pour accroître sa compétitivité en France

Les salariés de Renault pourraient bientôt voir leur temps de travail augmenter.

Les salariés de Renault pourraient bientôt voir leur temps de travail augmenter. - -

Alors que les négociations sur l’emploi entre patronat et syndicats sont en cours ce jeudi 10 janvier, Renault a annoncé la veille qu’il souhaitait une hausse de 6,5% du temps de travail sur ses sites, pour revenir aux 35 heures effectives.

Parallèlement aux réunions sur l’emploi entre patronat et syndicats, qui ont repris ce jeudi, Renault mène, lui aussi, des négociations sur la compétitivité de ses sites français. Le constructeur a proposé, mercredi 9 janvier, une refonte des accords locaux, propres à chaque site, pour un accord national sur le temps de travail.

Avec une hausse de 6,5%, il s’agit de revenir à une moyenne de 35 heures par semaine, soit 1 603 heures par an, contre 1 500 actuellement. En effet, depuis 1999 et la mise en place des 35 heures, des accords négociés localement avaient amené ce temps de travail à diminuer.

Moins de RTT et de temps de pauses

Trois pistes sont étudiées par la direction du groupe. La réduction du nombre de jours de RTT, tout d’abord. Ce nombre passerait à 10 jours au maximum, contre 10 à 30 jours actuellement. Le temps de formation sera, lui, comptabilisé dans le temps de travail, et non plus via un compte épargne formation. Enfin, une réduction des pauses journalières pourrait avoir lieu.

L’objectif est clair pour Renault : améliorer la compétitivité de ses usines françaises, notamment par rapport à ses sites espagnols et britanniques. Au total, le groupe pourrait économiser jusqu’à 65 millions d’euros par an.

Commandes supplémentaires ?

Il s’agissait du cinquième round de discussions entre la direction et les syndicats, et si un accord était trouvé, il pourrait servir d’exemple à d’autres secteurs en crise. Au total, 45 000 personnes sont concernées par les négociations en cours. Il y a quelques mois, le temps de travail des usines espagnoles avait été revu à la hausse.

Si l’accord était accepté, Renault "pourrait ne pas fermer d’usines en France", avait annoncé la direction. Cela pourrait également "rendre les usines françaises plus attractives dans le cadre d'affectations de volumes complémentaires", c’est-à-dire que Renault pourrait recevoir des commandes supplémentaires à traiter de la part de ses partenaires, Nissan et Daimler. Renault produit déjà un véhicule utilitaire de Daimler sur son site de Maubeuge, dans le Nord, et un fourgon pour Nissan dans son usine de Batilly, en Lorraine.

Le groupe souhaite également accroitre la mobilité de ses salariés entre les différents sites, pour éviter des recours au chômage partiel. La CGT Renault évoque, elle, "des propositions suicidaires pour les salariés et l'entreprise". La prochaine réunion aura lieu le 15 janvier.

Audrey Dufour