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Renault recherche davantage de flexibilité en France

Renault veut obtenir davantage de flexibilité des salariés de ses sites industriels français.

Renault veut obtenir davantage de flexibilité des salariés de ses sites industriels français. - -

7 500 postes seront supprimés en France, a annoncé le constructeur, mardi 15 janvier. Cette nouvelle intervient à quelques jours de la fin des négociations pour accroître la compétitivité de ses sites hexagonaux.

Le deuxième constructeur automobile français taille dans ses effectifs. 7500 postes, soit 15% des emplois Renault en France, devraient être supprimés d’ici 2016, a-t-on appris mardi 15 janvier. Une annonce qui intervient alors que le groupe en est à la sixième réunion de négociations avec les syndicats pour trouver un accord qui rendra les sites français plus compétitifs. Les discussions sont d’ailleurs censées se terminer à la fin du mois.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, s’est félicité de ce qu’il n’y ait "ni licenciements, ni fermetures d’usines". Un soulagement peut-être exprimé un peu trop tôt : Renault s’est contenté d’assurer qu’une fermeture de site n’était pas "inéluctable". Encore une fois, il semble que l’industriel préfère garder des cartes dans sa manche tant que les pourparlers sociaux ne sont pas terminés.

C’est en effet la méthode employée par l’industriel pour obtenir des concessions. Annoncer la tenue des discussions avec les syndicats pour obtenir plus de flexibilité, tout en menaçant de réduire le nombre de modèles à construire et de salariés sur le site s’il n’obtient pas gain de cause. C’est ce qui s’est passé en Espagne.

Un salarié français coûte quatre fois plus qu'un Roumain

Dans ce pays où Renault possède deux usines (Palencia et Valladolid), un accord entre patronat et syndicats a été conclu le 8 novembre. Mais d’emblée, la marque au losange avait mis dans la balance la pérennité des emplois. Résultat : le groupe a obtenu une baisse de certaines primes, une augmentation du temps de travail, et un roulement pour que les chaines de montage tournent sept jours sur sept. En contrepartie, 1300 emplois seront créés sur le sol espagnol d’ici 2020 et quatre nouveaux modèles y seront fabriqués.

Ce plan constitue aujourd’hui un argument pour la direction de Renault dans les négociations. Dans un document transmis aux syndicats français en novembre, elle explique que le coût moyen annuel d'un salarié de ses sites d'assemblage français se situe autour des 50 000 euros par personne, charges sociales comprises. C’est à peu près 35 000 pour un employé des sites espagnols et moins de 11 000 euros pour un ouvrier de l'usine roumaine.

Pour "sécuriser l’emploi" dans l’Hexagone, le groupe toujours détenu à 15% par l’Etat réclame une hausse de 6 ,5% du temps de travail, afin de revenir aux 35 heures effectives (1 603 heures par an contre 1500 actuellement). Il souhaite aussi jouer davantage sur la mobilité des salariés. En échange de quoi, la direction de Renault affirme qu'elle "pourrait ne pas fermer d’usines en France" !

Nina Godart (texte) et Mariam Pirzadeh (vidéo)