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Renault, Nissan et Daimler annonceraient leur alliance mercredi

Carlos Ghosn, PDG de Renault et de Nissan. Un conseil d'administration du constructeur automobile français sur un projet d'alliance avec l'allemand Daimler s'est tenu mardi matin. Selon le quotidien financier japonais Nikkei, la marque au losange et son a

Carlos Ghosn, PDG de Renault et de Nissan. Un conseil d'administration du constructeur automobile français sur un projet d'alliance avec l'allemand Daimler s'est tenu mardi matin. Selon le quotidien financier japonais Nikkei, la marque au losange et son a - -

par Gilles Guillaume et Irene Preisinger PARIS/MUNICH - Renault, Nissan et Daimler annonceront leur projet d'alliance à trois mercredi matin à...

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Renault, Nissan et Daimler annonceront leur projet d'alliance à trois mercredi matin à Bruxelles, déclare le ministre de l'Industrie Christian Estrosi.

L'alliance Renault-Nissan et Daimler ont publié en fin de journée un communiqué commun annonçant la tenue d'une conférence de presse à Bruxelles à 9h45 (07h45 GMT) en présence de Carlos Ghosn, P-DG de Renault-Nissan, et de Dieter Zetsche, président du directoire de Daimler, sans préciser l'ordre du jour.

Un rapprochement à trois pourrait se traduire par un échange symbolique de participations croisées et par la création d'une première plate-forme commune dans les petites voitures permettant d'importantes synergies dans les coûts de développement et des gains d'échelle substantiels.

Le projet, dont les modalités seront dévoilées mercredi, a été approuvé mardi matin lors d'un conseil d'administration extraordinaire qui s'est réuni au siège de Renault à Boulogne-Billancourt, a-t-on appris de sources proches du constructeur au losange.

"Nous avons validé le rapprochement entre Renault-Nissan et Daimler pour nous permettre d'avoir une alliance plus importante", a déclaré de son côté Christian Estrosi lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.

"Nous savons que la compétition demain dans l'automobile au plan mondial fera que seules les grandes alliances pourront permettre à l'industrie automobile du futur de relever les grands défis."

Une source proche de Renault a précisé que l'annonce du rapprochement serait faite mercredi matin par un communiqué publié avant l'ouverture des marchés.

VERS UN ÉCHANGE DE PARTS SYMBOLIQUE

La mise en commun de technologies et de projets est devenue un thème majeur de l'industrie automobile, ébranlée par la crise de 2008-2009 et engagée dans une chasse aux émissions nécessitant de lourds investissements.

Le quotidien japonais Nikkei rapporte mardi que les trois groupes prendront des participations croisées de 3% environ pour sceller leur partenariat, qui passera d'abord par le développement d'une nouvelle plate-forme commune dans les petites voitures.

Selon les Échos, cette plate-forme baptisée "Edison" servira de base aux futures Smart de Daimler, et côté Renault à la prochaine Twingo et au mini-véhicule électrique inspiré du concept Twizzy. Nissan pourrait profiter de son côté de l'expertise de Mercedes dans les grosses cylindrées.

Dans son édition de mercredi, le quotidien ajoute que Daimler détiendra 3,1% de Renault et de Nissan, lesquels posséderont chacun 1,55% de l'industriel allemand. Par ailleurs, Renault maintiendra ses parts dans sa filiale japonaise, poursuit-il.

Renault, Nissan Europe et Daimler, la maison mère de Mercedes, ont refusé de commenter ces informations.

"Toute cette histoire souligne la difficulté que nous rencontrons en Europe", commente Arndt Ellinghorst, analyste automobile chez Crédit suisse. "L'industrie n'est pas consolidée, elle est extrêmement complexe, et exposée à la réglementation la plus stricte du monde en termes d'émissions. C'est le moteur de la consolidation, de la course aux gains d'échelle."

Les deux représentants de l'État ont voté en faveur du projet, mais Christian Estrosi a assuré que le principal actionnaire de Renault avec 15,01% du capital resterait vigilant sur les conséquences du rapprochement.

"D'ores et déjà, je peux vous garantir qu'aux termes de ce partenariat l'État français restera le premier actionnaire de Renault (...) ainsi nous accompagnerons cette nouvelle stratégie industrielle", a poursuivi le ministre devant les députés.

Il a ajouté, cette fois lors d'un point presse à Bercy, qu'il veillerait à ce que les retombées sur l'emploi en France soient positives.

L'action Renault a fini sur un gain de 3,86% à 36,87 euros à la Bourse de Paris, surperformant l'indice DJ Stoxx des valeurs automobiles européennes (+1%). A Francfort, le titre Daimler a gagné 0,28% à 35,52 euros tandis qu'à Tokyo, l'action Nissan a clôturé sur un gain de 0,4% à 828 yens.

Avec les bureaux de Paris, Munich et Tokyo, édité par Jean-Michel Bélot