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Renault: Carlos Ghosn pointé du doigt par la CFDT

Carlos Ghosn est dans le collimateur de la CFDT, alors qu'il a toujours le soutien du gouvernement.

Carlos Ghosn est dans le collimateur de la CFDT, alors qu'il a toujours le soutien du gouvernement. - -

Laurent Berger, le patron de la CFDT, s'est livré à une attaque en règle contre le PDG de Renault, ce lundi 21 janvier, sur RTL. Jean-Marc Ayrault, lui, a tenu à calmer le jeu.

La CFDT passe à l’attaque. Critiqué pour avoir signé l’accord sur l’emploi, Laurent Berger s’en est pris à Carlos Ghosn, le patron de Renault, ce lundi 21 janvier. Sur RTL, le leader syndical s’est interrogé publiquement à propos de la stratégie du groupe automobile français et de son PDG, qui s’apprêtent à supprimer au moins 7500 postes d’ici 2016. "Le problème de Renault, comme celui de PSA, est un problème de stratégie", a-t-il affirmé, ajoutant que Carlos Ghosn "aurait plutôt tendance à avantager Nissan".

"Carlos Ghosn dirige deux entreprises en même temps. Il est neuf fois plus payé par Nissan que par Renault", a poursuivi le successeur de François Chérèque, soulignant que les deux entreprises "ont quand même des intérêts différents".

Plus tard, Laurent Berger, décidément en verve, en a remis une couche sur le patron de Renault: "Il est quasiment inaccessible. Personne ne le voit. Personne ne le rencontre. Il est payé sept fois plus que le PDG de Toyota qui lui met son entreprise dans une situation plus performante". Jusqu’à remettre en cause les compétences de l’homme d’affaires :"Il faut s'interroger sur la possibilité pour Renault d'avoir un PDG qui soit plus performant dans la stratégie de Renault". Et d’en appeler à l’Etat qui, en tant qu’actionnaire à 15% du constructeur, "doit prendre ses responsabilités sur le dossier de Renault".

Ayrault réaffirme son soutien au PDG de Renault

Jean-Marc Ayrault, lui, a rapidement tenu à éteindre l’incendie. Depuis Saint-Nazaire, le Premier ministre a renouvelé son soutien à Carlos Ghosn : "On en est pas à demander le départ de tel ou tel. On est là pour construire, pas pour démolir" .

Le chef du gouvernement a toutefois exprimé quelques réserves sur la stratégie du groupe. "Il est normal que l'Etat demande à ces groupes le maximum de transparence, ce qui n'est pas toujours le cas. Ce que nous souhaitons, c'est que les dirigeants de ces groupes automobiles disent clairement quelle est leur stratégie de développement", a-t-il affirmé.

Ces déclarations interviennent après celles d’Arnaud Montebourg qui, le 16 janvier sur BFMTV et RMC, s’était félicité que Renault ait "respecté les lignes rouges du gouvernement" lors de l’annonce des suppressions de postes. Le lendemain, c’était au tour de Michel Sapin, le ministre du Travail, de défendre Renault. "On voit la différence entre ceux qui veulent prendre les devants pour éviter une catastrophe sociale et ceux qui n'ont pas suffisamment anticipé et qui doivent traiter des situations sociales extrêmement difficiles", avait-il affirmé, en comparaison avec PSA.

Pour le gouvernement, donc, il semble urgent de ne rien faire. Mais la grogne syndicale pourrait bien, dans les prochains jours, monter en gamme.

Yann Duvert