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Récompenser les salariés qui viennent au bureau à vélo, ça marche

La perspective d'être défrayé 25 centimes du kilomètre incite les salariés à enfourcher leur vélo pour se rendre au travail.

La perspective d'être défrayé 25 centimes du kilomètre incite les salariés à enfourcher leur vélo pour se rendre au travail. - Fred Dufour -AFP

Dans le cadre d'une expérimentation menée durant 4 mois, les salariés de 18 entreprises se sont vus proposer 25 centimes pour chaque kilomètre parcouru à vélo sur leur trajet travail-domicile. Le nombre d'adeptes de la petite reine a bondi de 50%.

Etre payé pour pédaler est un deal que les salariés semblent prêts à accepter. Dans le cadre du plan d'Action gouvernemental "Mobilités actives",18 entreprises ont expérimenté, du 1er juin au 1er novembre 2014, l'indemnité kilométrique pour le vélo. Concrètement, les salariés qui enfourchaient leur bicyclette pour effectuer leurs trajets domicile-travail percevaient 25 centimes du kilomètre, un peu comme cela se fait pour les usagers des transports en commun ou bien les déplacements en voiture.

"Le nombre total d’employés utilisant plus ou moins régulièrement le vélo pour se rendre au travail est passé de 200 à 419", se félicite le ministère de l'Ecologie, qui a chapeauté l'expérimentation, par ailleurs financée par l'Ademe.

Compte tenu de la fréquence moyenne d’utilisation du vélo par les nouveaux cyclistes, ceci se traduit par une augmentation de 50% de la part du vélo pour les déplacements domicile-travail.

Si la progression est notable, il faut tout de même la remettre en perspective : les courageux utilisateurs du vélo ne constituent que 4,6% des 8.000 salariés concernés par l'expérience. Et encore, la saison était plutôt favorable aux déplacements en plein air. Réparti sur toute l'année, les auteurs de l'expérience tablent plutôt sur un taux de 3% de salariés venant à vélo.

Peu de salariés ont lâché le volant pour le guidon

Et ces nouveaux adeptes ne sont pas d'anciens utilisateurs de voitures, qui auraient ainsi permis d'avoir une influence notable sur l'environnement. Le recrutement c'est surtout effectué parmi les usagers des transports en commun, de l'ordre de 54%, et ceux qui pratiquaient le covoiturage.

Mais en tout cas, ces salariés semblent prendre goût à la petite reine : en moyenne ils effectuent plus de 5km pour se rendre à leur travail, alors que la moyenne nationale se situe à 3,4 km. De plus, un tiers de ces nouveaux cyclistes utilisent aussi leur vélo pour des déplacements de loisirs ou pour faire leurs courses.

Enfin, ces nouveaux sportifs ne semblent pas avoir abusé du système pour obtenir des indemnités indues. En effet, l'adhésion au défraiement kilométrique se faisait par le biais d'un formulaire, et chacun déclarait le nombre de trajets parcourus et à combien de kilomètres ils correspondaient. Le règlement se faisait soit de façon périodique soit en une seule fois à la fin de l’expérimentation. Aucune entreprise n'a noté de déclarations erronées.

Coralie Cathelinais