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PSA pourrait s'allier au géant indien Tata Motors

Gregoire Olivier, des opérations asiatiques de PSA et le patron de la branche indienne du groupe Shashikant Vaidyanathan en Inde en 2011.

Gregoire Olivier, des opérations asiatiques de PSA et le patron de la branche indienne du groupe Shashikant Vaidyanathan en Inde en 2011. - Sam Panthaky - AFP

Le constructeur français est en passe de nouer un accord industriel avec le colossal conglomérat indien de l'automobile. Un moyen de doper sa croissance internationale.

Carlos Tavares prépare la suite de "Back in The Race". PSA atteindra les objectifs du plan stratégique mis en place par son président avec un an d'avance. Le constructeur sera de nouveau rentable et dégagera de la trésorerie. Ce qui permet au patron de l’entreprise de passer à l’étape suivante, celle de la croissance internationale. L'entreprise, qui reste encore trop dépendante de la Chine et de l'Europe, mise désormais sur l'Inde pour conquérir le monde. Selon les informations de BFM Business, le constructeur français s'apprêterait à conclure une alliance avec le géant de l'automobile indien Tata Motors.

Le colossal conglomérat, connu pour ses petites voitures mais qui détient aussi Jaguar et Land Rover, ne monterait pas au capital du Français. Aucun échange de participation entre les deux groupes n'est prévu, ni même de développement de modèles en commun. Ce partenariat sera d'ordre industriel.

Il permettra à PSA d'augmenter sa part de marché mondiale. Le constructeur y voit le moyen de croître tout d'abord en Inde. Un marché très important que Carlos Tavares, le PDG du groupe Peugeot-Citroën, connaît bien. Lorsqu'il était numéro deux de l'autre grand constructeur français, il avait préparé l'arrivée de Nissan puis de Renault dans ce pays.

Tata lorgne le savoir-faire de PSA

PSA pourrait fabriquer chez Tata Motors les Peugeot 208 et 308. En profitant des lignes de montage déjà existantes de l'indien, la marque pourrait inonder le marché à moindre coût. Au-delà de l'Inde, il y a les Etats-Unis, où Jaguar et Land Rover sont très présents. Ainsi Peugeot se voit bien revenir en Amérique du Nord à l'horizon 2020, à priori avec sa marque de luxe DS.

Les experts sont certains que cet accord permettrait à PSA d'abaisser son seuil de rentabilité. Actuellement, le groupe ne gagne de l'argent que s'il produit plus de trois millions de véhicules par an. Associé à Tata, il pourrait le réduire à 2,5 millions. L'occasion d’approcher enfin la fameuse taille critique, qui reste aujourd’hui son principal handicap.

Tata, lui, y trouverait son avantage en mettant la main sur un savoir-faire qui lui fait cruellement défaut sur la fabrication de petites voitures. En outre, c'est l'occasion d'élargir les gammes de Jaguar et Land Rover sans trop d'investissement. Les plateformes de Peugeot leur permettraient de créer de nouveaux modèles à moindre coût. Ne vous attendez pas à voir une Jaguar qui ressemble à une 208: ce qui est construit sur les plateformes, et que ces marques mettraient en commun, c'est tout ce qui est caché sous la carrosserie.

Mathieu Sevin, édité par N.G.