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PSA/Fiat-Chrysler: l'Etat promet d'être "particulièrement vigilant" sur l'emploi et la gouvernance

"C'est le président de la République qui se prononcera pour une personnalité en fonction des indications et des recommandations que je lui ferai", a expliqué Bruno Le Maire lors des Rencontres économiques d'Aix-en Provence

"C'est le président de la République qui se prononcera pour une personnalité en fonction des indications et des recommandations que je lui ferai", a expliqué Bruno Le Maire lors des Rencontres économiques d'Aix-en Provence - AFP

Après l'annonce des deux constructeurs, l'Etat français, actionnaire à environ 12% de PSA via Bpifrance, a rappelé son intention de garder un œil sur les activités du groupe qu'il a sauvé en 2014.

Quand le secteur de l'automobile s'agite, l'Etat français n'est jamais loin. Ce mercredi, PSA et Fiat-Chrysler (FCA) ont confirmé leur rapprochement pour créer un géant mondial de l'automobile. Si rien n'est encore fait, l'Etat français a d'ores et déjà prévenu qu'il sera "particulièrement vigilant" sur l'emploi, la gouvernance et l'empreinte industrielle de cette éventuelle fusion.

L'Etat, actionnaire à environ 12% de PSA via Bpifrance, "suit avec attention et ouverture les discussions engagées" entre les deux groupes, qui consacrent "le redressement de PSA avec le soutien de l'Etat", a encore affirmé Bercy dans une déclaration envoyée à l'AFP.

Le gouvernement très critiqué

En réalité, l'exécutif marche sur des œufs. Mis en cause au début de l'année dans l'échec des négociations entre Renault et Fiat-Chrysler mais aussi entre Air France et KLM, le gouvernement semble plus enclin à laisser les directions à négocier.

Cela s'est d'ailleurs vu sur le dossier XL Airways, le mois dernier. Bercy n'a pas cherché à mettre la pression sur Air France - KLM pour sauver les emplois menacés de la compagnie en faillite. Il faut dire que l'exécutif avait été puni de son interventionnisme dans la stratégie d'Air France, lorsque l'Etat néerlandais avait réalisé un véritable raid boursier pour s'aligner sur le capital français. Une façon de remettre Bercy à sa place…

Tentation

Mais le communiqué de ce mercredi indique néanmoins que certaines lignes rouges existent dans le dossier PSA/Fiat-Chrysler : l'emploi sur le territoire français mais les poids respectifs dans le gouvernance de la future entité. Si les deux groupes s'entendent sur ces questions, la fusion semble donc possible. A condition, évidemment, que l'exécutif résiste à la tentation d'intervenir à nouveau…

Thomas Leroy avec AFP