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Pourquoi Renault freine sur le diesel

Renault compte réduire de 50% son offre de véhicules diesel d'ici 5 ans. (image d'illustration)

Renault compte réduire de 50% son offre de véhicules diesel d'ici 5 ans. (image d'illustration) - Daniel Mihailescu - AFP

Le groupe Renault a présenté ce vendredi son nouveau plan stratégique pour la période 2017-2022. Baptisé "Drive the Future", ce plan fait la part belle aux véhicules électriques et hybrides. Au détriment de ceux fonctionnant au gazole.

Renault ne croit plus vraiment aux véhicules diesel, comme l'indique son nouveau plan stratégique nommé "Drive the Future 2017-2022". En suivant cette feuille de route, le constructeur automobile espère réaliser 70 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022 contre 51,2 milliards d’euros en 2016.

En outre, d'ici cinq ans, le groupe français dirigé par Carlos Ghosn envisage de dégager une marge opérationnelle de 7%, contre 6,4% l’an dernier, et, enfin, de "disposer d’un flux de trésorerie positif chaque année". Pour parvenir à ces résultats, la marque au losange mise plus sur les véhicules à faibles émissions que sur les moteurs thermiques, notamment diesel. 

L'offre diesel "sera réduite de 50%" d'ici 2022

Au détour de sa présentation, Thierry Bolloré, le directeur délégué à la compétitivité de Renault, a indiqué que le constructeur allait mettre la pédale douce sur les motorisations thermiques et plus particulièrement sur celles fonctionnant au gazole. À l’avenir "nous allons ramener notre gamme de trois familles de moteurs diesel (1.5 dCi, 1.6 dCi et 2.0 dCi, ndlr) à une seule" a-t-il déclaré. En conséquence, "notre offre de diesel sera réduite de 50% d’ici à 2022" a poursuivi Thierry Bolloré. Si ces annonces peuvent surprendre, elles sont avant tout rationnelles.

Apparu à la fin des années 1890, mais popularisé dans les années 1960, par Daimler-Benz et Peugeot, le moteur diesel a longtemps été plébiscité par les automobilistes en raison de sa frugalité et de son coût d'utilisation peu élevé. Or, désormais, selon le Comité des constructeurs français d'automobiles, ce carburant ne séduit plus que 52% des acheteurs de voitures neuves. Comme de nombreux autres constructeurs, Renault observe cette tendance et fait tout pour en minimiser les conséquences. 

Le "dieselgate" n'est pas étranger à cette décision

Ce revirement de situation est grandement lié au scandale du "dieselgate" qui a révélé, en septembre 2015, les méthodes employées par certaines marques pour truquer les émissions polluantes des véhicules diesel lors de leur homologation. Si les accusations de triche ont plus particulièrement visé le groupe Volkswagen, Renault n'a été épargné ni par les associations environnementales, ni par les autorités.

Pour rappel, une information judiciaire a même été ouverte afin de faire toute la lumière sur les pratiques du losange après des tests indépendants menés pour le compte du ministère de l'Écologie dans le cadre de la "commission Royal".

Les syndicats eux s'interrogent sur les conséquences pour l'emploi, notamment en France, de la réduction à une seule famille de moteurs. Se "focaliser" sur un seul type de moteur "risque d'être dangereux pour l'emploi et pour le groupe", d'autant qu'à l'avenir "des moteurs (diesel) beaucoup plus propres" apparaîtront, a assuré à l"AFP Fabien Gâche, délégué syndical central CGT. Le syndicat a ainsi appelé à "ne pas abandonner" trop vite les moteurs diesel.

Plus d'électriques et de "véhicules propres"

Pour réaliser les objectifs fixés dans son nouveau plan stratégique, le groupe Renault va bien sûr lancer davantage de nouveaux modèles dans les prochaines années. La marque au losange entend également accélérer le développement de sa gamme low-cost ainsi que son offre de véhicules "à faibles émissions", c'est-à-dire des modèles 100% électriques ou hybrides.

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV