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Pourquoi la fusion entre EADS et BAE Systems a échoué

Les garanties exigées par l'Allemagne auraient été telles que les synergies entre EADS et BAE n'aurait produit aucun bénéfice

Les garanties exigées par l'Allemagne auraient été telles que les synergies entre EADS et BAE n'aurait produit aucun bénéfice - -

Selon EADS, Berlin aurait bloqué le projet, en demandant des contreparties trop importantes. L'Allemagne, elle, affirme que la France aussi a sa part de responsabilité dans l'affaire.

L’Européen EADS et le Britannique BAE Systems ont donc annoncé ce mercredi 10 octobre la fin de leur projet de fusion en raison de l'absence d'accord des gouvernements.

Les deux groupes le regrettent. Mais les divergences entre les Etats étaient insurmontables. Si Londres et Paris avaient trouvé un accord mardi soir, Berlin a en revanche trainé les pieds.

Selon EADS, les exigences allemandes étaient inacceptables. Parmi elles figuraient l'implantation du siège social du futur ensemble en Allemagne, ou encore de nombreuses contreparties industrielles, comme la localisation d'usines de production en Allemagne. Ces exigences étaient si importantes qu'elles rendaient nuls les éventuelles gains issus des synergies avec BAE Systems.


Pour Berlin, Paris a également bloqué le dossier

Berlin dément et ne veut pas être la seule à assumer cet échec. Selon une source gouvernementale allemande, la France était aussi très réservée sur le projet.

Pourtant, Paris affirme le contraire, en précisant que les différentes parties attendaient une décision du gouvernement allemand qui n'est jamais venue.

Officiellement le président François Hollande a déclaré que l’échec de cette fusion était une décision "des entreprises". "Elles font leur choix et c'est leur décision", a dit le président français lors d'un point-presse. "Je n'ai pas à regretter ou à me réjouir, j'ai à constater."

Ce projet avorté risque également de ne pas arranger les relations entre Paris et Berlin sur le dossier EADS.


Mathieu Sevin et BFMbusiness.com