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Pour le PDG d'Eurotunnel, le fret a besoin de la ligne Lyon-Turin

Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel.

Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel. - Patrick Kovarik - AFP

Pour le PDG d'Eurotunnel, Jacques Gounon, la ligne Lyon-Turin est une nécessité. Pourtant, elle se heurte à l'opposition d'associations de défense de l'environnement.

Le PDG d'Eurotunnel Jacques Gounon estime "indispensable" la construction de la nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin, notamment pour développer le fret ferroviaire, dans un entretien aux Échos. Ce projet, dont le texte doit être soumis jeudi au Sénat et qui prévoit notamment un tunnel international de 57 km entre Saint-Jean-de-Maurienne (en France) et Suse (en Italie), se heurte à l'opposition de nombreuses associations de défense de l'environnement.

Pour le PDG de l'opérateur du tunnel sous la Manche, "un investissement structurant comme le Lyon-Turin doit relancer" le fret ferroviaire et s'inscrit parmi les "infrastructures structurantes" qui font "la force de la France sur le plan de l'attractivité".

"Il faut tout faire pour continuer à équiper la France des infrastructures dont elle a besoin, à commencer par le Lyon-Turin, qui sera un vecteur d'emploi et de croissance", insiste Jacques Gounon, qui regrette qu'"aujourd'hui, les investissements dans les infrastructures ferroviaires (soient) vilipendés et déplore "une approche malthusianiste".

Appels d'offres lancés en 2017

Pour Jacques Gounon, également président du Comité pour la Transalpine (qui regroupe les soutiens au projet), les difficultés du fret ferroviaire français sont conjoncturelles et "imputables aux difficultés du groupe SNCF", alors que "partout ailleurs en Europe, le transport de marchandises par train se développe". "L'engorgement des voies de passage routières pour les marchandises est une certitude à moyen terme. Le report modal sera donc inévitable, et rend indispensable la construction du Lyon-Turin", conclut Jacques Gounon.

Censé lever les derniers obstacles à un colossal chantier de 12 ans, un accord a été signé en février 2015, puis complété en mars 2016 par le Premier ministre italien (de l'époque) Matteo Renzi et le président François Hollande. Si l'accord est validé par le Parlement français, les appels d'offres pour les marchés de travaux seront lancés en 2017 pour un démarrage des chantiers en 2018. Soutenu par les deux pays, par la ville de Lyon et, jusqu'à récemment par Turin, ce projet est contesté depuis des années par des écologistes, tant côté italien que français.

Les partisans du projet, qui combine fret et transport de voyageurs, assurent notamment qu'il permettra de transférer l'équivalent de 1 million de poids lourds de la route vers le rail, évitant ainsi l'émission de 3 millions de tonnes de CO2 par an. Le coût total de cette "autoroute ferroviaire", dont la mise en service est prévue vers 2030, est estimé à quelque 26 milliards d'euros, dont 8,6 milliards pour le seul tunnel. Il sera partagé par l'Union européenne et les deux pays. Le coût final pourrait s'établir pour la France à 2,46 milliards d'euros, selon l'étude d'impact du gouvernement.

D. L. avec AFP