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Nissan confirme des résultats désastreux

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Le bénéfice opérationnel du groupe a plongé de 90% au premier trimestre de l'exercice en cours (avril-juin). Nissan devrait annoncer 10 000 suppressions de postes pour tenter de redresser la barre.

Nissan joue sa survie. Le constructeur automobile a confirmé, ce mercredi, la chute impressionnante de son bénéfice opérationnel, révélée par les médias japonais : - 90% au premier trimestre de l'exercice en cours (avril-juin). Une information « globalement exacte », s’est contenté de souligner Nissan dans un communiqué laconique.

La dégringolade n’est pas nouvelle. Courant mai, le constructeur avait publié un bénéfice en baisse de 57% à 2,5 milliards d'euros et s’attendait à la pire année depuis 11 ans. L’heure est donc aux mesures de redressement. Le groupe devrait annoncer, ce jeudi, un plan drastique comprenant la suppression totale de 10 000 postes, qui devrait principalement concerner l’Amérique du sud, et plus globalement les régions où Nissan n’a jamais réussi à percer. La procédure n’est pas nouvelle. Après son acquisition par Renault, le PDG Hiroto Saikawa avait employé les mêmes méthodes de cost killing, impulsées par Carlos Ghosn.

Doutes sur l'alliance

C’est d’ailleurs le rôle de l’ancien patron tout-puissant de l’alliance qui est visé dans cette période difficile. « Les résultats sont médiocres et la plupart des problèmes que nous rencontrons sont l'héritage négatif de la précédente direction » affirmait en mai le PDG de Nissan. Selon lui, la course aux volumes qui a été impulsée par Carlos Ghosn sur le marché américain notamment, aura été fatale à la rentabilité du constructeur.

Reste à savoir si Nissan saura redresser la barre. Hiroto Saikawa espère un retour à l’équilibre pour l’exercice 2022/2023 mais il n’est pas certain qu’il soit encore là pour gouverner l’entreprise. Impliqué dans les déboires de Carlos Ghosn, le patron de 65 ans est très fragilisé, d'autant plus que Paris pousse pour son départ.

L’autre question concerne l’impact de cette situation sur l’alliance avec Renault où les tensions peinent à s’apaiser entre les Français et les Japonais. « L’alliance a été prospère jusqu’ici parce que nous avons respecté notre indépendance respective » a rappelé Hiroto Saikawa en juin dernier. « Si la relation bascule dans un gagnant-perdant, elle rompra très rapidement. »