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Marché iranien: "Airbus a un réel avantage sur le court-moyen courrier"

Un Airbus A320Neo, à Toulouse-Blagnac, le 25 septembre 2014.

Un Airbus A320Neo, à Toulouse-Blagnac, le 25 septembre 2014. - Eric Cabanis - AFP

L'Iran a annoncé dimanche vouloir acheter de 80 à 90 avions de ligne par an, Boeing et Airbus confondus. "Il y aura une part significative" pour l'avionneur européen, juge l'expert de l'économie de l'aéronautique Loïc Tribot La Spière.

L'Iran veut rénover sa flotte aérienne vieillissante. Dans la foulée de l’accord sur le nucléaire conclu à Vienne le 14 juillet et dans la perspective de la levée progressive des sanctions, Téhéran a annoncé dimanche avoir l'intention d'acheter de 80 à 90 avions de ligne par an, Boeing et Airbus confondus.

"Nous devons ajouter 80 à 90 appareils à notre flotte chaque année afin d'avoir 300 avions neufs et opérationnels" dans les prochaines années, a déclaré Mohammad Khodakarami, responsable adjoint de l'Organisation de l'aviation civile (OAC) en Iran. 

Selon ce responsable, cité par la presse iranienne, l'accord nucléaire conclu entre son pays et les grandes puissances "stipule clairement que l'interdiction d'acheter, de louer et de transférer des moteurs ou des pièces d'avions a été levée". "En conséquence, l'OAC envisage de rénover la flotte nationale (comptant 140 avions en activité, Ndlr) avec des Airbus et des Boeing à égalité", a-t-il fait savoir, évaluant à environ 20 milliards de dollars le coût de cette opération.

"Une part significative pour Airbus"

Une très bonne nouvelle pour Airbus, estime Loïc Tribot La Spière, délégué général du Centre d'étude et de prospective stratégique (CEPS) et spécialiste de l'économie de l'aéronautique. "Il y aura une part significative, à mon sens, pour Airbus", explique-t-il ce lundi au micro de BFM Business. "Il faudra déterminer quel sera le pourcentage mais il serait une grossière erreur de considérer que le grand gagnant de ceci serait uniquement Boeing."

Selon lui, l’avionneur européen devrait en particulier profiter de la levée de l’embargo américain sur le secteur du transport aérien avec son offre court-moyen courrier. 

"La proposition de Boeing est sans doute beaucoup plus pertinente ou plutôt elle est en bonne concurrence avec Airbus, je dirais, sur les offres long courrier. Mais sur la partie court, moyen courrier, Airbus a un réel avantage, souligne Loïc Tribot La Spière.

L’expert pense en particulier à "la gamme A320" et notamment "à l’A320 Neo": "C’est un avion qui est moins polluant, qui est moins bruyant et qui répond à de vrais besoins domestiques pour cet Etat."

V.R.