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Macron prêt à des concessions dans le bras de fer avec Renault-Nissan

Emmanuel Macron veut que l'État conserve une minorité de blocage dans Renault

Emmanuel Macron veut que l'État conserve une minorité de blocage dans Renault - Eric Piermont - AFP

Le ministre de l'Économie tente d'apaiser les tensions entre l'alliance et l'État dans les colonnes du JDD. Il assure ainsi que l'Etat évitera toute ingérence dans l'alliance et renoncera à une partie de ses droits de vote à condition de conserver une minorité de blocage.

Se dirige-t-on vers une sortie de crise dans le conflit qui oppose l'alliance Renault-Nissan à l'État actionnaire? Le vendredi 11 décembre marquera en tout cas une étape importante. Le PDG de l'alliance, Carlos Ghosn, avait déclaré au Figaro cette semaine qu'il espérait pouvoir aboutir à un accord lors de cette échéance.

L'exécutif et les deux partenaires se livrent depuis plusieurs mois à un bras de fer sur la question des droits de vote doubles que l'Etat avait obtenu au forceps, en achetant d'abord 14 millions de titres sur le marché (4,73% du capital), pour être sûr de voir la résolution lui accordant ce droit adoptée chez Renault.

Depuis, la tension est montée entre la direction de l'alliance et Bercy. Inquiet de la montée au capital de l'État français dans son partenaire, Nissan avait fait une série de propositions pour rééquilibrer l'alliance. Après avoir un moment songé à renforcer sa participation dans Renault, Nissan a donné néanmoins des gages de bonne volonté en assurant cette semaine vouloir trouver "une solution à l'amiable".

Une minorité de blocage

Au tour d'Emmanuel Macron de tenter d'aller dans le sens d'un accord. Le ministre de l'Économie a ainsi assuré au Journal du Dimanche que "l'État doit pouvoir peser sur les décisions stratégiques dans les assemblées générales de Renault". "Ma préoccupation est de lui assurer une minorité de blocage lors de ces votes. Bien évidemment, l'État continuera à ne pas faire d'ingérence dans la gestion opérationnelle de Renault et a fortiori de Nissan", ajoute-t-il.

Le JDD écrit alors que l'État serait prêt "à négocier son lot de droits de vote, pour des mesures non-stratégiques, à condition qu'il conserve" cette minorité de blocage. Reste un problème: Nissan entend obtenir des droits de vote au sein de Renault ce qui est à l'heure juridiquement actuelle est impossible car Renault détient 44% de Nissan. Mais la donne pourrait changer si Renault vendait 3 à 4% de Nissan, selon un représentant du groupe japonais cité par le JDD.

Refus catégorique de la part d'Emmanuel Macron. "La consolidation de l'alliance est dans l'intérêt de Renault et de Nissan. Toutes les parties prenantes sont d'accord là-dessus. L'État a veillé à ne jamais modifier l'équilibre de l'alliance, qui n'est pas lié à la participation de l'État au capital de Renault. Tout détricotage ou affaiblissement des liens entre les deux entreprises ne peuvent pas être des solutions", affirme-t-il.

J.M.