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Lufthansa approuve le colossal plan de sauvetage de l'Etat

Le conseil de surveillance de la compagnie aérienne allemande a validé ce plan de 9 milliards d'euros qui prévoir notamment une entrée de l'Etat dans son capital.

C'est fait. Le conseil de surveillance de Lufthansa a approuvé le gigantesque plan de sauvetage proposé par le gouvernement allemand pour assurer sa survie face aux conséquences de l'épidémie de coronavirus.

"Après d'intenses discussions, nous avons décidé d'approuver la proposition que nous a soumise le conseil d'administration. Nous recommandons à nos actionnaires de suivre le même chemin", a déclaré le président du conseil, Karl-Ludwig Kley, cité dans un communiqué. 

Le sauvetage à 9 milliards d'euros prévoit que l'Etat prenne 20% du groupe pour 300 millions d'euros en plus d'injecter 5,7 milliards d'euros de fonds sans droit de vote dont un milliard peut être converti en actions. Une première depuis la privatisation complète de cette compagnie en 1997.

L'Etat fédéral prévoit aussi de pouvoir augmenter sa participation à 25% et une action, soit la minorité de blocage, mais uniquement "en cas d'offre publique d'achat par un tiers" ou de non-paiement des intérêts.

Concessions

Berlin garantit également un prêt de 3 milliards d'euros et obtient deux sièges au conseil de surveillance de Lufthansa. L'aide est assortie de l'interdiction de verser des dividendes, de payer des bonus à ses dirigeants. La pandémie de coronavirus a mis quasiment à l'arrêt le transport aérien mondial, plongeant le secteur dans une crise sans précédant.

Visiblement, la compagnie a également accepté les concessions exigées par la Commission européenne pour valider ce plan. Bruxelles a demandé à Lufthansa de céder des créneaux horaires de décollage et d'atterrissage (slots) et de réduire le nombre d'avions basés en Allemagne, selon plusieurs médias. Rappelons que son concurrent Ryanair a annoncé mardi dernier vouloir contester le plan de sauvetage devant la justice européenne estimant qu'il va fausser la concurrence.

Lufthansa, qui emploie près de 140.000 personnes dans le monde, traverse la plus grave crise de son histoire, avec environ 700 de ses 760 appareils cloués au sol, et plus de 60% de ses salariés au chômage partiel. En avril, elle a transporté moins de 3.000 passagers par jour, contre 350.000 avant la pandémie.

Contestations

Sa capitalisation boursière a chuté à quelque 4 milliards d'euros, la rendant vulnérable à une acquisition. Et selon son directeur général Carsten Spohr, le groupe (qui comprend également Austrian Airlines, Brussels Airlines, Eurowings et Swiss) connaît une hémorragie d'"environ 1 million d'euros de liquidités par heure. Jour et nuit. Semaine après semaine". D'après lui, la compagnie emploie 10.000 personnes de trop, et risque le dépôt de bilan sans injection d'argent frais.

Olivier Chicheportiche avec AFP