BFM Business

Les bus seront-ils les prochaines victimes du "dieselgate"?

-

- - Loïc Venace - AFP

Clients (notamment) du groupe Volkswagen à travers ses marques Scania et MAN, les acteurs des transports publics souhaitent lever le voile sur leurs interrogations et vont donc réaliser des nouveaux tests.

Mieux vaut prévenir que guérir. Ce vieil adage semble avoir inspiré le Stif, l'autorité organisatrice des transports en Ile-de-France. En réponse à une demande de son vice-président (l'élu EELV Pierre Serne), le conseil d'administration du syndicat vient de demander à trois exploitants de son réseau - la RATP, Transdev (Groupe Veolia) et Kéolis (Groupe SNCF) - de "mener auprès de l'UTAC des tests de rejets polluants et de consommation des carburants sur des échantillons pertinents" de leur parc roulant. 

Concrètement, ce sont quelque 450 bus et cars de dernière génération (soit 10% du parc récent), circulant au diesel et censés répondre aux nouvelles normes Euro 6 qui sont dans le collimateur de l'organisation. A noter qu'au sein de ce parc récent se trouvent des véhicules commercialisés par les constructeurs MAN et Scania, deux marques du groupe Volkswagen, mis en cause dans le scandale du "dieselgate". 

La fin du diesel est proche 

Cependant pour le syndicat, il est hors de question de jeter l'opprobre sur un fabricant en particulier. Les bus soumis à ces tests seront donc sélectionnés parmi toutes les marques ayant livré des véhicules récemment. L'organisme justifie sa décision en rappelant que leur financement et leur achat a été effectué "en se fondant sur un cahier des charges contenant des données techniques à respecter par les industriels ainsi que des performances de rejet de CO2 par kilomètre".

Du côté des constructeurs, on ne semble pas être préoccupé outre mesure par cette annonce. Iveco s'est cependant fendu d'un communiqué fin septembre pour dénoncer la confusion qui règne entre le monde de l' automobile et celui des transports publics.

En application de la loi sur la transition énergétique - la "loi Royal" - le Syndicat des transports d'Ile-de-France va peu à peu remplacer ses véhicules les plus anciens par de nouveaux modèles plus propres. Ils seront soit hybrides, soit électriques ou alimentés au gaz naturel. Ainsi, une nouvelle commande d'un montant de 198 millions d'euros, portant sur 450 véhicules vient d'être passée. 

Antonin Moriscot