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Le plaidoyer de la ministre des Armées pour inciter la Belgique à acheter le Rafale

Le Rafale fait l'objet d' un accord "État à État" tandis que ses concurrents ont eux pris part à un appel d'offres

Le Rafale fait l'objet d' un accord "État à État" tandis que ses concurrents ont eux pris part à un appel d'offres - Karim Sahib - AFP

Pour convaincre le gouvernement belge de choisir l'avion de Dassault plutôt que le F-35 de Lockheed Martin, Florence Parly met en avant les retombées économiques dont profiteraient les Wallons, les Flamands et les Bruxellois.

Florence Parly estime à 4 milliards d'euros les retombées économiques pour les entreprises belges si la Belgique faisait le choix du Rafale français pour remplacer sa flotte d'avions de combat, dans une tribune mardi au quotidien belge Le Soir.

"Depuis plus de 50 ans, les entreprises de l'équipe Rafale sont fortement implantées en Belgique avec des usines, des centres de recherche et un réseau de 800 entreprises partenaires", écrit la ministre.

"Le partenariat que propose la France, ce sont aussi plus de 150 sociétés belges qui ont déjà été approchées et une centaine de projets industriels ou technologiques pour un montant de 4 milliards d'euros", poursuit-elle avant d'ajouter: "Cela débouchera sur "des emplois en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles".

34 avions de chasse en jeu

L'avion de combat français est en compétition avec le F-35 de l'Américain Lockheed Martin, souvent présenté comme favori, et le Typhoon du consortium européen Eurofighter pour le remplacement des F-16 américains actuellement utilisés par l'armée de l'air belge. Il s'agit d'acheter un total de 34 nouveaux avions de combat pour remplacer les F-16 à compter de 2023, un marché estimé à 3,6 milliards d'euros. Le gouvernement belge devrait arrêter son choix courant 2018.

En réponse à l'appel d'offres belge lancé d'État à État, la France s'est distinguée des deux concurrents en septembre. Elle a proposé à la Belgique un partenariat comprenant, outre la fourniture des avions de combat, "une coopération approfondie" dans les domaines militaire et industriel.

Dans sa tribune au Soir, Florence Parly assure que ce partenariat "est non seulement profitable mais, en plus, parfaitement sûr juridiquement".

"Des poursuites judiciaires"

Le gouvernement belge, souligne-t-elle, a transmis aux candidats un texte expliquant "que sa responsabilité juridique était exclue et qu'interroger les États ne signifiait en aucun cas s'engager à conclure un accord avec eux". Pour Florence Parly, "il n'y a donc ni obstacle, ni risque juridique pour la Belgique à engager cette discussion pour un partenariat avec la France".

Le 4 octobre, le ministre belge de la Défense Steven Vandeput (N-VA, nationalistes flamands) avait reproché à la France d'avoir formulé son offre en dehors du cadre de l'appel d'offres. Selon lui, la Belgique s'exposerait à "des poursuites judiciaires" de la part des concurrents si elle la prenait en compte.

Le plaidoyer de Florence Parly pour le Rafale intervient le jour d'une visite du secrétaire d'État américain Rex Tillerson au Premier ministre belge Charles Michel. À l'ordre du jour: "les relations bilatérales" USA-Belgique.

J.M. avec AFP