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La Turquie ouvre son premier tunnel routier reliant l'Europe à l'Asie

Long de 5,4 kilomètres, l'ouvrage construit sous le Bosphore permet, à partir de ce mardi 20 décembre, de relier en voiture ses rives européenne et asiatique. Il fait partie des grands travaux réalisés par la Turquie pour Istanbul.

Le premier tunnel autoroutier sous le détroit du Bosphore, à Istanbul, est inauguré ce 20 décembre 2016. Il complète le premier tunnel ferroviaire, ouvert depuis 2013, pour relier les rives européenne et asiatique de la mégalopole turque de 18 millions d'habitants. Réservé aux véhicules légers, ce tunnel routier vise à soulager le trafic notoirement embouteillé de la ville, qui a déjà récemment bénéficié de l'inauguration d'un troisième pont sur le Bosphore, en août 2016.

Le tunnel "Avrasya" (Eurasie) de 5,4 kilomètres de long, dont 3,4 sous le Bosphore, permet de relier en voiture les deux rives en "quinze minutes", contre 1h30 à "2 heures quand il y a du trafic" actuellement, affirme Ahmet Arslan, ministre des Transports, qui y envisage le passage "de 120.000 à 130.000 véhicules par jour".

La structure, construite à 106 mètres de profondeur, a été réalisée par un consortium alliant le groupe privé de construction turc Yapi Merkezi et le sud-coréen SK Group. Le projet a nécessité un investissement de 1,245 milliard de dollars, dont un prêt de 960 millions.

Le président Erdogan a multiplié les grands travaux

Constitué de deux étages, le tunnel a été construit à l'aide d'une foreuse spéciale qui a permis d'avancer de 8 à 10 mètres par jour en moyenne. Istanbul étant située en zone sismique, le tunnel a également été conçu pour rester opérationnel malgré les tremblements de terre ou les tsunamis.

Les réalisations se sont multipliées (cf encadré ci-dessous) dans la métropole d'Istanbul pour faciliter l'existence des Stambouliotes qui circulent chaque jour tant bien que mal d'une rive à l'autre de la ville. Ils font partie des gigantesques travaux publics lancés par le président Erdogan. Ses projets visent à construire des infrastructures transformées à temps pour le 100e anniversaire de l'actuelle République turque fondée par Mustafa Kemal Atatürk, qui aura lieu en 2023.

Outre le futur et gigantesque aéroport d'Istanbul en travaux, le gouvernement turc a en projet la réalisation d'un troisième tunnel sous la Bosphore. Il s'agirait d'une structure à trois étages combinant le rail et la route.

Les grands travaux de la Turquie pour développer Istanbul et sa région

  • Tunnel Marmaray. Ouvert en octobre 2013, ce tunnel est le premier passage sous-marin à lier les rives européenne et asiatique d'Istanbul. Il permet la traversée d'un train relié au système métropolitain de la ville. Selon le ministre des Transports, Ahmet Arslan, il a déjà été emprunté par 172 millions de passagers.
  • Le pont Yavuz Sultan Selim. Inaugurée en août 2016, cette structure hybride -le pont est à la fois suspendu et haubané- affiche une largeur de 58,5 mètres. Il est le troisième à traverser le Bosphore, après un premier pont ouvert en 1973 et un deuxième en 1988.
  • Le futur aéroport d'Istanbul. Les travaux de ce nouvel aéroport sont déjà bien entamés. Construit près de la mer Noire, loin du centre-ville, les autorités espèrent que sa taille fera d'Istanbul une plaque tournante du transport aérien. Avec ses six pistes, il devrait accueillir jusqu'à 90 millions de voyageurs par an, et en attirer jusqu'à 150 millions à terme, dépassant ainsi l'aéroport Charles-de-Gaulle de Paris et celui d'Heathrow à Londres. Il doit ouvrir en 2018.
  • Canal Istanbul. Il s'agit de creuser un nouveau canal liant la mer Noire à la mer de Marmara, pour soulager le trafic sur le Bosphore. Les appels d'offre doivent démarrer en 2017.
Frédéric Bergé avec AFP