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La SNCM à la dérive à la veille des départs en vacances

Le Napoléon Bonaparte de la SNCM, le 28 octobre 2012

Le Napoléon Bonaparte de la SNCM, le 28 octobre 2012 - -

A la veille des premiers départs en vacances de juillet, le conflit à la SNCM s'est envenimé ces dernières heures. L'avenir industriel de l'entreprise est de plus en plus hypothéquée par l'attitude de certains syndicats.

Le mouvement social, lancé le 24 juin dernier, semble se durcir à la SNCM. Avec le début des vacances d’été, la situation pourrait bien se tendre encore davantage. La raison principale du mouvement - lancé par tous les syndicats à l'exception du Syndicat des travailleurs corses (STC) – est la menace de faillite.

Les syndicats demandent aujourd'hui à l’Etat de jouer son rôle. La compagnie de transport maritime a pour principal actionnaire Transdev (coentreprise de Véolia) avec 66% des parts, et l’Etat qui en possède 25%. Jeudi soir, le Jean Nicoli, navire de la SNCM, a dû quitter Porto-Vecchio en urgence. Vers 18 heures, plus d’une centaine de professionnels touchés par la grève ont en effet caillassé le navire et provoqué un début d’incendie.

L'avenir de l'entreprise en jeu

Au centre des préoccupations, la passivité de l'Etat face à l’abandon du plan de restructuration à long-terme qui devait pourtant remettre la compagnie à flot. Le projet, qui avait été signé en 2013 par les actionnaires, prévoyait la suppression de 500 emplois sur 2.600, ainsi que la commande de quatre navires aux chantiers STX de Saint-Nazaire. Mais le 28 juin, l’Etat et Transdev avaient tous deux stoppé net la commande de ces nouveaux bateaux.

La direction de la SNCM, contactée par BFM Business.com, indique comprendre les préoccupations des syndicats tout en précisant que "si la grève devait durer tout l’été, la SNCM ne s’en remettrait pas".

En période estivale, la perte estimée est d’un million d’euros par jour de grève. La SNCM en profite également pour lancer un appel à l’Etat qui "doit maintenant apporter une réponse claire".

Le projet de vente totalement bloqué

Veolia veut se débarrasser de la compagnie maritime, mais la route est pour l'instant barrée par Bruxelles : la Commission européenne a confirmé en mai dernier que la SNCM devra rembourser 440 millions d’euros d’aides publiques à la France. Bruxelles a jugé ces aides "illégales et incompatibles avec les règles européennes". L’Etat français est donc en pleine négociation afin d'éviter ce remboursement potentiellement fatal.

En attendant, la situation est au point mort : "il n’y a actuellement aucune piste de sortie" indique la direction de la compagnie, avant d’avertir : "vraisemblablement, aucun de nos bateaux ne circulera ce week-end". Dans le même temps, les salariés demandaient ce vendredi matin à être reçus par Manuel Valls.

Raphaël Grably