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La compagnie aérienne japonaise ANA pourrait soutenir Skymark

Skymark a été créée en 1996.

Skymark a été créée en 1996. - Kazuhiro Nogi - AFP

ANA a déposé un dossier pour participer au parrainage de Skymark en difficulté financière. Pourtant, Skymark avait justement été créée pour mettre fin au duopole JAL-ANA.

Le ministre des Transports japonais risque de ne pas être content. La compagnie aérienne japonaise ANA Holdings a indiqué, lundi 23 février, avoir déposé un dossier pour soutenir sa cadette en faillite Skymark Airlines, engagée dans une procédure de redressement après son récent dépôt de bilan. "Ce matin, nous avons soumis des documents montrant notre intention de participer au parrainage de Skymark", a déclaré à l'AFP une porte-parole d'ANA, refusant de donner plus de détails à ce stade.

Les dirigeants d'ANA Holdings avaient dit mi-février étudier ce qu'ils pourraient faire, même si une éventuelle aide irait à contre-courant de la volonté du ministère des Transports de ne pas recréer le duopole ANA/Japan Airlines (JAL), nuisible à la saine concurrence.

Créée fin 1996 à la faveur de la politique du gouvernement visant à bousculer la suprématie des deux acteurs JAL et All Nippon Airways (ANA) et opérationnelle depuis 1998, Skymark exploite une flotte de 28 avions loués, sur des liaisons intérieures uniquement.

En dehors du secteur aérien, une vingtaine de candidats ont également manifesté leur intérêt pour aider la troisième compagnie nippone. Parmi eux, figurent l'agence de voyage HIS, qui entretient des liens historiques avec Skymark, le groupe de services financiers Orix, la maison de courtage Daiwa Securities ou encore la banque Shinsei.

Survivre face aux deux géants

Skymark, dont les avions continuent de voler, a déjà signé un accord avec le fonds d'investissement tokyoïte Integral et cherche d'autres sponsors pour l'épauler, dans le cadre d'un plan de redressement mené sous l'égide d'un tribunal de Tokyo.

La firme a déposé le bilan soudainement fin janvier, plombée par des dettes en dollars qui se sont amplifiées à cause de la baisse du yen et de difficultés à remplir ses avions. S'est ajouté à cela un conflit avec Airbus qui a renoncé en juillet à lui vendre six très gros porteurs A380 commandés en 2011 du fait de doutes sur la solvabilité de la compagnie, craintes avérées depuis.

Ses déboires révèlent la difficulté de survivre face aux deux géants membres d'alliances internationales qui leur permettent d'étendre leurs capacités sans faire exploser les coûts afférents. Dans ce contexte difficile, Skymark avait entamé, avant de faire faillite, des discussions avec ses deux rivales afin de nouer un accord tripartite de partage de codes. L'objectif: augmenter son taux d'occupation et élargir ses canaux de vente. Mais ce projet semble depuis compromis.

D. L. avec AFP