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Jean-Paul Herteman (Safran): "l'euro fort nous pénalise"

Jean-Paul Herteman a indiqué qu'un écart de change de 10 centimes peut coûter 300 millions d'euros à son groupe.

Jean-Paul Herteman a indiqué qu'un écart de change de 10 centimes peut coûter 300 millions d'euros à son groupe. - -

Le PDG de Safran était l'invité de BFM Business, ce jeudi 20 février. Il est revenu sur les résultats de son groupe, qui a enregistré un bond de 22% de son bénéfice. Il a également décrié la parité de l'euro dollar ".

Safran a présenté de très bons résultats pour 2013 ce jeudi 20 février. Le bénéfice a augmenté de 22%, à 1,9 milliard d'euros. Le chiffre d'affaires a, lui, progressé de 8% à 14,7 milliards d'euros.

Néanmoins, "l'euro fort nous pénalise", a affirmé le PDG du groupe, Jean-Paul Herteman, invité de BFM Business, ce même jour. "Les chiffres sont connus depuis longtemps et ont tendance à croître avec la croissance de notre volume. 10 centimes d'écart de taux de change représente plus de 2 points de résultat opérationnel, soit plus de 300 millions d'euros", a-t-il détaillé. L'enjeu est d'autant plus important que Safran réalise 80% de son chiffre d'affaires à l'étranger.

"Le seul handicap structurel très lourd de Safran et de la totalité de l'industrie aéronautique européenne est ce taux de parité euro dollar qui ne reflète pas la réalité économique", a-t-il insisté.

La vente du Rafale en Inde est essentielle

Jean-Paul Herteman a ensuite souligné l'importance du long terme pour l'activité de son groupe qui dispose d'un carnet de commandes rempli pour les huit prochaines années.

"30% de notre effort de recherche et développement s'adresse à des percées technologiques qui ont un horizon de mise sur le marché de plus de 10 ans. Nous sommes dans le temps long et dans l'innovation de rupture, mais qui doit être maitrisée".

Le PDG de Safran a également évoqué le dossier du Rafale en Inde dans lequel son entreprise est "partie prenante. Selon les versions souhaitées par le client, nous représentons entre un gros quart et un petit tiers de la valeur du produit". "Nous sommes confiants, l'Inde a besoin d'un avion de ce type". Il a néanmoins reconnu que pour Safran, "il y aura des transferts de technologie consentis et maîtrisés".

J.M.