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Guerre commerciale: les compagnies aériennes abaissent leurs prévisions pour 2019

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- - LOIC VENANCE / AFP

Les compagnies aériennes ont baissé leurs prévisions de bénéfice pour 2019, en raison notamment de la guerre commerciale que se livre Pékin et Washington.

La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine a des conséquences sur de nombreux secteurs, et l'aérien n'est pas épargné. Les compagnies ont baissé leurs prévisions de bénéfice pour 2019 de 21% à 28 milliards de dollars contre 35,5. En cause: la guerre commerciale, mais aussi la hausse des prix du kérosène, selon l'IATA, l'Association internationale du transport aérien.

Son assemblée générale se tient ce dimanche et ce lundi à Séoul. L'association rassemble 290 compagnies aériennes dans le monde soit 82% du trafic aérien. Pour elle, le constat est clair: « L'environnement commercial pour les compagnies aériennes s'est détérioré avec un prix du fioul en hausse et un affaiblissement important des échanges commerciaux dans le monde ».

La région Asie-Pacifique est particulièrement touchée. Et pour cause, elle représente environ 40% du transport de fret aérien dans le monde. Résultat, la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis combinée à la hausse du prix du kérosène font baisser les prévisions de bénéfice net du secteur d'1,7 milliard de dollars passant de 7,7 à 6 milliards.

Malgré ce contexte peu favorable, l'industrie devrait tout de même rester dans le vert pour la dixième année consécutive. Reste que « les marges sont rognées par les coûts croissants de la main d'oeuvre, du fioul et des infrastructures », précise le directeur général de l'organisation, Alexandre de Juniac.

Guerre commerciale, prix du kérosène et facteurs macro-économiques

Et le regain de tensions de ces derniers jours entre Pékin et Washington ne laisse pas présager d'amélioration dans les prochaines semaines. L'affaiblissement des échanges devrait se poursuivre. Le cargo reste la première activité touchée.

Autre facteur: des phénomènes macro-économiques. Le directeur général de l'IATA évoque auprès de l'AFP « les mouvements de change qui ont très sévèrement touché des compagnies en Inde et en Amérique latine qui ont souffert de la hausse du dollar et de la baisse de leur monnaie locale ».

Alexandre de Juniac déplore la multiplication des disparitions de compagnies, à la fois en Europe, en Amérique latine et en Inde, notamment dans le secteur du low-cost en Europe: « Un secteur très très actif mais on pourrait se demander s'il y a de la place pour autant d'acteurs qui ont commandé autant d'avions».

4,59 milliards de personnes devraient prendre l’avion en 2019, selon les prévisions de l'IATA en décembre dernier, soit 250 millions de plus qu’en 2018. D’ici deux décennies, l'association prévoit un doublement du trafic aérien mondial, qui devrait ainsi atteindre 8,2 milliards de voyageurs en 2037.

Sandrine Serais