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Ford tranche massivement dans ses effectifs en Europe

Ford va supprimer 12.000 postes en Europe, autour d'un quart de ses effectifs sur le continent.

Ford va supprimer 12.000 postes en Europe, autour d'un quart de ses effectifs sur le continent. - Daniel MIHAILESCU / AFP

12.000 postes vont être supprimés en Europe, environ un quart des effectifs du groupe sur le continent

La purge se poursuit chez Ford, et prend des proportions majeures. Le grand plan de restructuration mondial entamé par le constructeur il y a quelques mois va se traduire par 12.000 suppressions de postes en Europe. Le groupe veut aller vite, et déclare avoir déjà conclu l'essentiel de ses discussions avec les partenaires sociaux concernés. Ces postes seront supprimés d'ici la fin de l'année prochaine. 

La grande majorité des postes supprimés sont des postes à temps partiel, seuls 2.000 postes salariés sont concernés par cette mesure. Au total, Ford a déjà annoncé vouloir réduire ses effectifs de 7.000 postes salariés au total à travers le monde, majoritairement dans l'administratif et le management.

Préserver la rentabilité

Ford a déjà arrêté sa production en Russie, a tiré un trait sur son usine française de Blanquefort, va fermer un site au Pays de Galles et réduire ses équipes sur plusieurs sites en Allemagne et en Espagne. 

Des mesures lancées en début d'année pour faire un maximum d'économies et tenter de préserver la marge du groupe autour de 6%. Une rentabilité mise à mal par les très lourds investissements que Ford a dû entreprendre pour rationaliser sa gamme et lancer le chantier de l'électrification, sur lequel il a accusé beaucoup de retard.

Marchés contrastés

Le tout alors que Ford est en position très difficile en Europe, avec des ventes qui n'en finissent pas de chuter (-13,5% rien que sur le 1er trimestre), et une part de marché passée sous les 7%. De plus, face à des réglementations de plus en plus sévères, la marque affiche un des moyennes d'émission de CO2 au kilomètre les plus élevées des constructeurs généralistes, à un peu plus de 120 grammes. Une situation qui l'expose à de très lourdes amendes dès l'entrée en vigueur des nouveaux critères européens dès l'année prochaine, fixant comme limite 95 grammes de CO2 au kilomètre.

Ford n'a donc plus le choix, et doit drastiquement réduire la voilure en Europe pour conserver des marges et des capacités d'investissements. D'autant que sa situation sur le marché américain, son marché domestique, est compliquée. Si les ventes de SUV et de Pick Up, son point fort, restent en progression (3 ou 4% de hausse), le groupe est en pleine restructuration du reste de sa gamme, face notamment au manque de succès de ses berlines et autres modèles. Du coup les ventes globales du constructeur sont en baisse d'1,6% aux Etats-Unis sur le 1er trimestre.