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Fausse affaire d'espionnage chez Renault: 4 personnes devant la justice

4 personnes devant la justice suite à l'affaire d'espionnage chez Renault

4 personnes devant la justice suite à l'affaire d'espionnage chez Renault - Jean Christophe VERHAEGEN / AFP

Quatre protagonistes ont été renvoyés devant le tribunal dans la fausse affaire d'espionnage chez Renault. Ils sont soupçonnés d'avoir trompé le constructeur automobile pour se faire payer des "prestations inexistantes" de renseignement.

Six ans après les faits, les juges d'instruction ont renvoyé devant le tribunal quatre protagonistes soupçonnés d'avoir participé à des degrés divers à la retentissante fausse affaire d'espionnage chez le constructeur Renault en 2011 à travers une escroquerie au renseignement, a appris ce jeudi l'AFP de source proche du dossier.

Dans leur ordonnance datée du 10 mars, les magistrats ont ordonné que soient jugés deux ex-cadres du groupe. Le principal suspect, Dominique Gevrey, est renvoyé notamment pour "escroqueries", soupçonné d'avoir "trompé" Renault pour se faire payer, fausses factures à l'appui, des "prestations inexistantes" de renseignement censées étayer des accusations d'espionnage portées contre plusieurs cadres. Un autre cadre est renvoyé pour "complicité d'escroqueries" et "faux". Deux autres protagonistes sont renvoyés pour violation du secret professionnel et complicité de ce délit.

L'enquête avait permis de mettre au jour "l'existence de manoeuvres frauduleuses afin de tromper la société Renault quant à la réalité des suspicions de corruption pesant sur les différents cadres", selon l'ordonnance des juges dont a eu connaissance l'AFP.

L'affaire avait commencé par une lettre anonyme le 17 août 2010 au constructeur dénonçant l'acceptation de pots-de-vin par des salariés occupant des postes-clés. En janvier 2011, trois cadres, accusés de se livrer à de l'espionnage industriel, avaient été licenciés sur la foi d'une enquête interne basée sur des rapports fictifs communiqués par une mystérieuse source. L'enquête a révélé que des escroqueries similaires s'étaient produites dès 2008 à l'occasion de deux autres enquêtes visant des salariés.

P.L avec AFP