BFM Business

Etihad Airways confirme le départ anticipé de son patron

James Hogan, actuel PDG d'Etihad Airways, quittera ses fonctions le 1er juillet.

James Hogan, actuel PDG d'Etihad Airways, quittera ses fonctions le 1er juillet. - Alberto Pizzoli - AFP

La compagnie aérienne émiratie Etihad Airways a nommé un PDG intérimaire pour remplacer son patron, James Hogan, qui quittera ses fonctions le 1er juillet.

James Hogan aura été pendant une décennie l'artisan de l'expansion de la compagnie aérienne Etihad Airways. Son limogeage, annoncé en janvier pour le deuxième semestre de cette année, intervient sur fond de difficultés pour les compagnies aériennes reprises par Etihad et dans lesquelles James Hogan avait injecté d'importants investissements, notamment Alitalia et Air Berlin. 

Dans un communiqué, Etihad Aviation Group, la compagnie mère de Etihad Airways, précise que son conseil d'administration a chargé Ray Gammell, directeur du personnel et de la performance du groupe, d'assurer "dès aujourd'hui" l'intérim du PDG sortant.

Citant son "plan de transition", qui avait conduit en mai 2016 à la mise en place d'Etihad Aviation Group, le conseil d'administration annonce aussi le départ le 1er juillet de son directeur financier, James Rigney, remplacé par le trésorier Ricky Thirion. Le groupe indique être "en stade avancé" pour le recrutement d'un nouveau PDG, qu'il espère annoncer "dans les prochaines semaines".

En attendant, Ray Gammell doit "poursuivre le réexamen stratégique", entamé l'an dernier, "pour repositionner la compagnie en vue d'un développement continu dans ce que nous prévoyons être une période prolongée de défis pour l'aviation mondiale", a commenté Mohamed al-Mazrouei, président du conseil d'administration.

Une stratégie d'expansion à l'international 

Lancée en 2003, Etihad est la deuxième compagnie des Émirats loin derrière Emirates, basée à Dubaï. Elle s'est développée rapidement et a vu en 2015 son bénéfice net bondir de 41%, à 91 millions d'euros, grâce à une hausse significative du nombre de passagers. Sa flotte compte 125 avions. Contrairement à sa concurrente de Dubaï qui se concentre sur son propre développement, la compagnie Etihad s'est lancée dans une stratégie d'expansion à l'international, multipliant les prises de participation dans d'autres compagnies aériennes.

Elle détient 49% d'Alitalia, 49% d'Air Serbia, 29% d'Air Berlin, 40% d'Air Seychelles, 24% de Jet Airways (Inde) et 19,9% de Virgin Australia. Etihad est également actionnaire de la compagnie suisse Darwin Airline, opérant sous le nom d'Etihad Regional (33,3%). Ces investissements se sont avérés coûteux et Etihad a dû maintenir à flots Air Berlin qui, avec une perte historique en 2016, est endettée à hauteur de presque 1,2 milliard d'euros.

L'entrée d'Etihad au capital d'Alitalia en 2014 avait alors permis de sauver le transporteur italien de la faillite. Mais les difficultés ont persisté et Alitalia a fini par être placée, début mai, sous tutelle des autorités italiennes après une demande en ce sens des actionnaires à la suite du rejet par les salariés d'un plan de restructuration. Etihad et les actionnaires italiens avaient pourtant indiqué être disposés à financer le plan à hauteur de deux milliards d'euros, à condition que celui-ci soit validé par le personnel.

A.M. avec AFP