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"Dieselgate": la double peine de Volkswagen

Le procès de Volkswagen s'ouvre ce lundi en Allemagne. Un procès du "Dieselgate" que les observateurs qualifient de "hors normes", notamment parce qu'il s'agit d'une action collective réunissant 470.000 plaignants au total.

La procédure s'annonce longue. Très longue. Elle devrait durer plusieurs années. Un dossier qui n'est autre que celui de Volkswagen et qui a provoqué un véritable séisme dans l'industrie automobile. Notamment parce que le constructeur risque de subir des répercussions financières importantes.

Le géant allemand a, en effet, déjà dû s'acquitter d'une trentaine de milliards d'euros de pénalités dans cette affaire, mais il doit également composer avec "une désaffection du diesel (branche automobile désormais sinistrée)", explique Antoine Larigaudrie, journaliste et spécialiste des sujets automobiles pour BFM Business. "La part de marché a chuté – sur le marché français – de plus de 70 à moins de 40% en quelques années", précise-t-il. En cause, une méfiance désormais généralisée vis-à-vis des industriels de l'automobile.

Or, Volkswagen est loin d'être le seul mastodonte à devoir s'extirper de ce bourbier. D'autres constructeurs à l'instar de Daimler, de BMW, de Renault ou encore d'Opel se trouvent aujourd'hui dans ce même cas de figure.

Une ruée (sous la contrainte) vers l'électrique

Surtout, cette défiance généralisée est à l'origine de l'émergence de mesures antipollution de plus en plus sévères de la part des autorités européennes et nationales. Interdiction du diesel dans certaines agglomération, plafonnement du CO₂… Les constructeurs sont aujourd'hui contraints d'investir massivement dans l'électrique.

Pas de quoi arranger les finances de Volkswagen qui doit, en plus des pénalités déjà payées, désormais doit ajouter la même somme pour muer plus rapidement vers l'électrique. "C'est un des rares cas où une révolution industrielle est initiée non pas par la demande des consommateurs, mais par la pression politique des Etats", poursuit Antoine Larigaudrie.

"Le consommateur, lui, reste, en majorité, profondément attaché au moteur thermique (alimenté par de l'essence ou du gazole – diesel. NDLR) et beaucoup considèrent encore le diesel essentiel à leur activité, notamment la clientèle professionnelle". Une "révolution sous la contrainte qui peut marcher", détaille notre journaliste.

Reste à déterminer quelles peuvent être, pour les constructeurs, les conséquences économiques et sociales d'un tel chantier. Pour le coup, pointe notre spécialiste automobile "on est vraiment dans le domaine de l'inconnu".

Julie Cohen-Heurton avec Antoine Larigaudrie