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Contrat Mistral suspendu: "un scandale" pour les ouvriers de STX

STX craint l'arrêt de la construction.

STX craint l'arrêt de la construction. - Jean-Sébastien Evrard - AFP

François Hollande a décidé de suspendre, ce 3 septembre, la livraison du premier Mistral à la Russie. Pour les ouvriers de STX des centaines d'emplois sont en jeu.

Si les Etats-Unis ont salué ce 3 septembre "la sage décision" prise par la France de suspendre jusqu'en novembre la livraison du premier navire de guerre Mistral à la Russie, le coup est rude pour les ouvriers de STX.

Ces salariés des chantiers navals de Saint-Nazaire sont stupéfaits et scandalisés de la décision du président François Hollande, a déclaré un responsable syndical.

"Si l'annonce du président se concluait par l'arrêt de la construction, ce seraient des centaines d'emplois qui seraient mis en difficulté aussi bien chez STX que chez les sous-traitants. C'est inacceptable, intolérable", déplore Jean-Marc Perez, secrétaire adjoint FO.

"La question qui se pose porte sur ce qui va être décidé pour le deuxième" Mistral, a déclaré Johan Jardin, responsable de la CFDT, deuxième syndicat chez STX après la CGT. "Maintenant se pose la question 'qui va payer le bâtiment?'". En tout état de cause, le président "n'a pas annoncé qu'il stoppait" sa construction, a pointé Johan Jardin, selon lequel le bâtiment "est sur cale". "Il faut continuer la construction pour libérer la cale". Cependant, "il faut que la DCNS nous dise si on continue ou pas".

Contrat de 1,2 milliard d'euros

Les conditions pour que la France autorise la livraison du premier des deux navires de guerre Mistral à la Russie "ne sont pas à ce jour réunies" compte tenu de l'aggravation de la situation en Ukraine, a déclaré l'Elysée mercredi.

Si la construction de ce premier navire est presque achevée (le bâtiment devait être livré en octobre), le deuxième navire est en cours d'assemblage à Saint-Nazaire. Le contrat avec la Russie, portant sur deux porte-hélicoptères BPC (Bâtiment de projection et de commandement), a été signé en 2011 pour 1,2 milliard d'euros.

Morin soutient Hollande

L'ancien ministre de la Défense, Hervé Morin, s'est félicité mercredi de la décision du président. "François Hollande a raison. J'ai dénoncé le fait que nous livrions ces bâtiments. Il est impensable que la France puisse livrer des bâtiments de guerre à un pays qui ne respecte ni le droit international, ni la souveraineté d'un pays voisin", a déclaré Hervé Morin à Tours en marge de sa campagne pour l'élection à la présidence de l'UDI.

"Face à cela, la France se doit de réagir comme l'Europe en étant extrêmement ferme", a estimé l'ancien ministre. "Nous étions dans un schéma qui confinait à la lâcheté, d'Européens qui concédaient grosso modo tout" au président russe Vladimir Poutine, a-t-il estimé.

Diane Lacaze avec AFP