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Comment Herbert Diess entend réorganiser l'empire Volkswagen

Le groupe Volkswagen va désormais fonctionner en pôles de compétence et non plus par marques. (image d'illustration)

Le groupe Volkswagen va désormais fonctionner en pôles de compétence et non plus par marques. (image d'illustration) - Drew Angerer - Getty Images North America - AFP

Outre un changement de direction, la réorganisation du groupe Volkswagen passe par la refonte même de la structure du géant automobile allemand.

La restructuration du groupe Volkswagen n'est pas qu'un jeu de chaises musicales. Herbert Diess, nouveau patron du géant allemand de l'automobile, a promis d'intensifier ses réformes pour conduire le groupe vers la mobilité du futur, et laisser les ravages du dieselgate dans le rétroviseur. "Il s'agit d'approfondir le changement, et pas d'une révolution", a toutefois nuancé celui qui dirigeait jusqu'ici la seule marque Volkswagen.

"Nous allons donner la priorité aux thèmes de l'électrique, de la numérisation et des nouvelles mobilités, nous allons également poursuivre le changement de la culture d'entreprise, ancrer l'intégrité et la conformité au sein de l'organisation", a promis l'Autrichien de 59 ans, jouant ainsi la continuité plutôt que la rupture. Son prédécesseur, Matthias Müller, avait déjà entrepris une restructuration massive tournée vers l'électrification et la réduction des dépenses. Il restera au sein du groupe en tant que "conseiller". 

Réorganiser le groupe en pôles stratégiques

L'empire aux douze marques (Volkswagen, Porsche, Audi, Seat, Skoda, Bentley, Lamborghini, Bugatti, Man, Scania et Ducati) va donc principalement se resserrer autour de six branches, créer une entité entièrement dédiée à la Chine. Elle va aussi préparer l'entrée en bourse de sa division poids lourds.

Volkswagen a parallèlement annoncé un partenariat stratégique avec le japonnais Hino Motors (filiale de son concurrent historique Toyota) pour renforcer les technologies équipant ses utilitaires et ainsi apprêter la fiancée avant le grand saut en bourse, qui n'aura pas lieu cette année. 

Véhicules électriques ou hybrides, numérisation, nouveaux services de mobilité: Herbert Diess, qui a la réputation d'un "tueur de coûts", doit organiser ces virages, alors que l'avenir du diesel, longtemps produit stratégique, semble compromis.

À quoi bon ce grand chamboule-tout ?

"Le nouveau patron de Volkswagen a une longue liste de choses à faire", a réagi le chef du groupe parlementaire des verts, Anton Hofreiter, cité par l'agence DPA. "Il est temps d'en finir avec l'affaire du diesel... Sinon les accusations de népotisme et de culture du secret vont continuer de coller à Volkswagen dans le futur", estime-t-il.

Le nouveau patron du groupe Volkswagen estime d'ailleurs avoir "perdu beaucoup de confiance avec le diesel, surtout en Allemagne mais aussi dans le monde entier. La tâche est grande, le chemin est long, mais nous avons déjà beaucoup fait", nuance-t-il. Contrairement à Matthias Müller, Herbert Diess n'a pas fait sa carrière au sein du constructeur de Wolfsburg, et n'est donc a priori pas dans le viseur de la justice. Transfuge de BMW, il était en effet arrivé chez Volkswagen juste avant que n'éclate le scandale des émissions polluantes. 

Mieux, Herbert Diess peut se targuer du soutien unanime des actionnaires principaux, les familles héritières Porsche-Piëch. Signe de cette confiance, il devient à la fois chef de la marque Volkswagen, du groupe Volkswagen et de la recherche et développement, soit un périmètre encore plus large que celui du "super-patron" qu'était Martin Winterkorn, balayé en 2015.

Antonin Moriscot avec AFP