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BAE grand perdant de l'échec de la fusion avec EADS

L'échec de la fusion entre EADS et BAE Systems aura des conséquences sur les deux groupes.

L'échec de la fusion entre EADS et BAE Systems aura des conséquences sur les deux groupes. - -

L'échec de la fusion entre BAE Systems et EADS pose la question de l'avenir des deux groupes. Si pour EADS, les conséquences ne devraient pas être dramatiques, cela s'annonce plus difficile pour BAE.

L'échec de la fusion entre les deux géants de l'aéronautique est désormais acté. Ce qui met également fin aux espoirs des deux groupes quant aux avantages qu'ils auraient pu retirer de ce mariage.

Une fusion avec BAE Systems était, en effet, l'occasion rêvée pour EADS. Avec, en ligne de mire, le rééquilibrage de ses activités entre civil et militaire, ce qui le rendrait moins dépendant de sa filiale Airbus. Cette stratégie sera donc plus longue à mettre en place.

L’autre regret provient du fait que BAE Systems ouvrait un véritable boulevard à EADS sur le premier marché au monde, les Etats Unis. La fusion aurait permis à EADS de passé du statut de petit industriel à acteur incontournable outre-Atlantique.

Mais cet échec n’est pas dramatique pour autant. Cette stratégie d’implantation prendra seulement plus de temps. Plusieurs solutions vont permettre à EADS de grandir aux Etats-Unis. La première serait d'acheter des entreprises déjà présentes aux USA. L'autre option -beaucoup longue- serait de jouer la carte de la croissance interne, avec le développement de ses propres filiales : MBDA dans le militaire, l’installation d'une nouvelle chaîne de montage pour Eurocopter, mais aussi implantation d'une usine Airbus sur le sol américain. A condition quand même de décrocher d'importants contrats avec des compagnies US.

Plus compliqué pour BAE Systems

De son côté, le groupe britannique BAE Systems fait face à un avenir incertain, alors qu'il a pris un virage "tout défense" au milieu des années 2000 et se retrouve désormais confronté à une baisse des dépenses d'armements. En particulier aux Etats-Unis, pays dans lequel il réalise 45% de son chiffre d'affaires. Cette situation l'a mis dans une position difficile, l'obligeant à supprimer 3 000 emplois l'an dernier et 600 autres en mai.

Et alors que le Moyen-Orient et l'Asie étaient devenus sa planche de salut, le groupe a essuyé un énorme revers avec la perte en janvier du contrat géant pour fournir des avions de combat à l'Inde. L'ancienne colonie britannique a préféré le Rafale de Dassault à l'Eurofighter, construit par BAE, EADS et l'italien Finmecanicca. Cet échec cuisant avait peu à peu amené BAE et EADS à discuter d'une fusion.

Si le directeur général du groupe, Ian King, a affirmé mercredi "aborder l'avenir avec confiance" et assuré que l'activité du groupe restait "forte et solide financièrement", BAE ne pourra pas éviter de se remettre en question. Mais le président du groupe, Dick Olver, l’assure : "Nous ne sommes pas en train de chercher activement une autre opportunité".

Le titre de l'encadré ici

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Tom Enders affaibli?

L'échec de la fusion entre EADS et BAE est aussi celui d'un homme : le patron d'EADS. Ce dernier s'était fendu d'une lettre à ses salariés pour défendre son projet, et d'une tribune avec son homologue de BAE, Ian King. "Ce mariage, c'est l'union parfaite", disait-t-il. 

En 1998, deux ans avant la creation d'EADS, l'Allemand DASA avait tenté de se rapprocher de British Aerospace pour prendre le contrôle d'Airbus. Tom enders était déjà à la maneuvre, comme responsable de la stratégie de Dasa. Les discussions avaient capoté quand le Britannique avait finalement décidé de racheter son compatriote Marconi. 

Cet échec va-t-il l'affaiblir, quatre mois seulement après son arrivée à la tête d'EADS ? Dès mardi, il s'est en tout cas dédouané d'un éventuel échec du projet : "si nous échouons, ce ne sera pas faute d'accord entre les deux entreprises".

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