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Autoroutes: les parlementaires prônent le dégel des tarifs

Les parlementaires demandent le dégel des tarifs des péages en contrepartie d'effort de la part des sociétés autoroutières.

Les parlementaires demandent le dégel des tarifs des péages en contrepartie d'effort de la part des sociétés autoroutières. - Alexandre Vialle - Flickr - CC

Le rapport des parlementaires sur les concessions d'autoroutes préconiserait un dégel des tarifs des péages, mais aussi davantage de financement des infrastructures de transport par les sociétés d'autoroute et la réduction de l'allongement des concessions.

Les parlementaires réunis en groupe de travail sur l'épineux dossier des concessions d'autoroutes rendent leur avis ce 10 mars. Selon l'AFP, qui cite un document interne, ils préconisent un dégel des tarifs des péages.

Ces derniers avaient été bloqués fin janvier, alors qu'une augmentation moyenne de 0,57 euros devait intervenir au 1er février. Mais les membres de la mission parlementaire réclament que ces tarifs soient modulés en fonction de critères écologiques

Ils appellent en outre les sociétés d'autoroutes à financer davantage les infrastructures de transport. Ils souhaitent qu'elles renoncent, dans le cadre du plan de relance autoroutier, à une partie de l'allongement des concessions, ces contrats passés entre les sociétés qui exploitent les autoroutes privatisées, et l'Etat. 

Des efforts significatifs attendus des concessionnaires

Les travaux de ce groupe, composé de parlementaires et de représentants de l'administration, doivent servir de base dans les négociations entre l'Etat et les SCA.

Ces discussions portent sur le montant de la hausse des péages et le déblocage d'un plan de relance prévoyant 3,2 milliards d'euros de travaux sur l'ensemble du réseau autoroutier français, compensé par un allongement de la durée des concessions.

"Le groupe de travail s'est montré favorable à un lancement rapide du plan de relance. Le groupe de travail attend cependant des concessionnaires un effort significatif pour réduire le plus possible l'allongement envisagé des concessions", selon le document.

La rentabilité exceptionnelle des sociétés d'autoroute

De même source, le groupe de travail souhaite qu'une "contribution significative soit d'ores et déjà apportée, d'une manière ou d'une autre, au financement des infrastructures, en complément des montants actuels", notamment de la redevance domaniale.

Le texte évoque aussi la possibilité d'une "formule, inspirée des contrats de concession les plus récents, en faveur d'un partage des fruits de la concession, notamment sous forme de raccourcissement de la durée de la concession ou de baisse des tarifs".

Le gouvernement et les SCA entretiennent des relations tendues depuis septembre, quand un rapport de l'Autorité de la concurrence a pointé leur "rentabilité exceptionnelle" de l'ordre de 20% ou plus par an, sur fond de hausse des péages supérieure à l'inflation depuis leur privatisation il y a près de 10 ans.

Mais les concessionnaires d'autoroutes contestent ce calcul, jugeant que leur rentabilité doit se calculer sur l'ensemble de la durée des concessions, soit une trentaine d'années, et est cohérente avec la moyenne du secteur des travaux publics.

Dénonçant un "abus de pouvoir", les sociétés ont attaqué devant le conseil d'État le gel par le gouvernement de l'augmentation de 0,57% des péages prévue au 1er février.

N.G. avec AFP