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A350: les salariés d'Airbus contraints aux heures supplémentaires 

Airbus met les bouchées doubles pour tenir ses objectifs de livraison

Airbus met les bouchées doubles pour tenir ses objectifs de livraison - Rémy Gabalda -AFP

L'avionneur a imposé 8 heures supplémentaires de travail par semaine aux employés affectés à la chaîne d'assemblage de son avion long-courrier, rapportent les Échos. Il s'agit de tenir les objectifs très ambitieux de livraison sur ce produit phare.

Airbus compte à tout prix tenir ses objectifs. Et pousse en ce sens ses "compagnons", les employés et salariés travaillant sur la chaîne d'assemblage FAL (pour final assembly line) de l'A350.

Au 31 juillet, l'avionneur n'avait livré que 15 exemplaires de son long-courrier alors que l'objectif pour 2016 est de 50 avions. Il lui reste donc à produire pas moins de 35 avions en l'espace de seulement cinq mois.

Pour ce faire la direction a ainsi décidé d'imposer 8 heures de travail hebdomadaires en plus aux 1.500 "compagnons" de sa chaîne d'assemblage, rapportent les Échos de ce vendredi 12 août. Ce qui porte le total à 42 heures par semaine. Au lieu de finir à minuit, l'équipe du soir termine à 1h du matin. Ceux de l'équipe du matin doivent venir travailler un samedi sur deux de 6h à midi. Et le vendredi, au lieu de finir à 17h, c'est jusqu'à 20h30, explique au quotidien économique un représentant du personnel.

Une cadence de 2 à 7 avions par mois

Évidemment, la direction a consenti à rémunérer davantage ces heures en rabe (25% en plus que la normale). Une carotte qui n'aurait pas complètement suffi à calmer la grogne du personnel qui, début juillet, avait organisé plusieurs rassemblements de mécontentement. Néanmoins, la cadence de production aurait bel et bien suivi. De deux A350 par mois, la chaîne serait passé à sept, selon le représentant du personnel.

À l'heure actuelle, l'A350 est le deuxième avion le plus cher d'Airbus (après l'A380), le prix catalogue variant de 272 millions d'euros pour l'A350-800 jusqu'à 356 millions pour l'A350-1000. Chaque avion livré en moins représente un important manque à gagner pour le groupe, les avionneurs étant payés lorsque l'appareil est livré à son client.

Néanmoins; difficile de savoir jusqu'à quand les employés de la chaîne de production pourront supporter cet effort en plus. Les Échos expliquent pour le moment que ces heures supplémentaires sont programmés jusqu'à octobre mais il pourrait être décidé de les étendre jusqu'en décembre.

J.M.