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À cause du scandale, Volkswagen connaît un brutal coup d'arrêt

C'est une lapalissade, mais le nouveau patron de Volkswagen, Matthias Müller, n'a pas la tâche aisée

C'est une lapalissade, mais le nouveau patron de Volkswagen, Matthias Müller, n'a pas la tâche aisée - Odd Andersen - AFP

Les ventes du groupe allemand ont chuté de 2% l'an passé, une première depuis 13 ans. Le scandale des moteurs truqués mais aussi la crise des marchés émergents sont à l'origine de cette contre-performance.

Le temps où Volkswagen faisait la course avec General Motors et Toyota pour s'adjuger le titre de premier constructeur automobile mondial semble désormais révolu. Les ventes du groupe ont ainsi accusé un recul de 2% sur un an dans le monde en 2015, et celles de sa marque phare Volkswagen même de 5%, selon des chiffres publiés vendredi.

C'est la première baisse des ventes du groupe depuis 13 ans, la dernière remontant à 2002, et de celles de sa marque phare depuis 11 ans. Le groupe, maison mère également d'Audi, Skoda ou encore Porsche, a vendu 9,93 millions de véhicules en 2015, repassant sous la barre des 10 millions, franchie pour la première fois l'année précédente.

Le recul des ventes mondiales est de 5% sur le seul mois de décembre, selon ces chiffres, qui portent la marque du scandale des moteurs truqués, mais aussi du ralentissement du marché chinois et de l'écroulement des ventes en Russie et au Brésil (-37% et -38% respectivement sur l'année).

Une année 2016 pleine de défis

La marque Volkswagen quant à elle a écoulé 5,82 millions de voitures dans le monde l'année dernière, avec un recul de 5% sur le marché chinois et du même ordre aux États-Unis, selon ces chiffres. Au seul mois de décembre la baisse est de 8%, dont un recul de 9% aux États-Unis, marché où le "dieselgate" a éclaté, et de 5% en Europe.

"Presque 10 millions de voitures vendues, c'est un résultat excellent au regard d'une situation difficile dans certaines régions et de la thématique du diesel au dernier trimestre", s'est consolé dans un communiqué le patron du groupe Matthias Müller.

Müller avait déjà officiellement enterré il y a quelques semaines l'objectif de détrôner Toyota comme numéro un mondial des ventes, qui l'a animé pendant des années. L'année qui démarre tout juste sera aussi pleine de défis, a reconnu le dirigeant, évoquant "la situation qui reste différenciée sur les marchés mondiaux" et la nécessité de "nous rendre plus performants pour un avenir plein de succès".

>> Retrouvez notre dossier sur le scandale Volkswagen

J.M. avec AFP