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Thibault Lanxade (Medef): le projet Hamon "est un non-sens économique"

Thibault Lanxade, responsable des PME au Medef, était l'invité de BFM Business, ce mecredi 24 juillet.

Thibault Lanxade, responsable des PME au Medef, était l'invité de BFM Business, ce mecredi 24 juillet. - -

Benoît Hamon présente son projet de loi sur l’économie sociale, ce mercredi. La mesure concernant les cessions d’entreprises provoque de vives critiques au sein du patronat. Pour Thibault Lanxade, responsable PME au Medef, ce projet est un "non-sens économique".

C’est ce mercredi 24 juillet, en Conseil des ministres, que Benoît Hamon va présenter son projet de loi sur l’économie sociale et solidaire. Parmi les mesures phares de ce projet: les articles 14 et 15 qui concernent les cessions d’entreprises. Les dirigeants devraient désormais prévenir leurs salariés deux mois avant la cession de l’entreprise.

Pour Thibault Lanxade, le président du pôle entreprenariat et PME au Medef, "ce projet va en dépit du bon sens". Invité de BFM Business, ce mercredi 24 juillet, il a dénoncé "un non-sens économique", et a invité le ministre à "ouvrir une concertation avec les parties prenantes".

"Deux mois, cela ne rime à rien"

"Les délais moyens de cessions de vente d’une entreprise, c’est entre deux et six ans. Deux mois, cela ne rime à rien", a expliqué Thibault Lanxade. Il déplore "une méfiance et une défiance à l’égard du chef d’entreprise", que l’on cherche à "isoler de ses travailleurs".

Selon lui, "si le chef d’entreprise identifie au sein de ses collaborateurs et de ses équipes un projet de reprise, il va le favoriser". "Il n’y a pas besoin de mettre une loi là-dedans", a-t-il lancé. Thibault Lanxade craint qu’une telle annonce créé un effet d’inquiétude dans les clients et collaborateurs d’une entreprise.

Jean-François Roubaud, président de la CGMPE, avait évoqué les mêmes craintes concernant le projet de loi. Invité de BFM Business le 15 juillet dernier, il dénonçait "un projet de loi intolérable", qui "risque d’inquiéter les salariés, qui se demanderont ce qu’ils vont devenir, les fournisseurs, et les clients".

"Le choc tarde à venir"

Thibault Lanxade est également revenu ce matin sur la question du racket au CICE, certains grands groupes demandant à leurs petits fournisseurs de baisser leurs coûts pour répercuter l’aide accordée via le crédit d’impôt compétitivité. Selon lui, "cela reste des cas assez isolés", et il faut éviter de "relancer l’opposition entre grands groupes et PME".

Concernant l’utilisation du crédit d’impôt compétitivité, "on est loin d’être en régime de croisière, et le processus est un peu compliqué", a-t-il regretté. "Les débuts ne sont pas aussi prometteurs que ce que nous annonçait le gouvernement", a poursuivi Thibault Lanxade.

Selon lui, le choc de compétitivité "tarde à venir, il faut accélérer les réformes". "Construire une ferme photovoltaïque en Allemagne, c’est 18 mois, alors qu’en France, c’est cinq ans à cause des normes et des procédures compliquées", a-t-il remarqué.

Enfin, Thibault Lanxade a reconnu que "des faibles signes de reprise" étaient visibles en Europe, mais "il y a une probabilité assez forte que l’on n'en tire pas partie, à cause du poids des prélèvements sur nos entreprises, par rapport à nos compétiteurs européens".

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