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Stéphane Richard: "Le marché français peut supporter 4 opérateurs"

Stéphane Richard a digéré l'échec de sa tentative de racheter Bouygues Telecom: "Dans cette nouvelle donne, Orange a de grands atouts pour s'imposer".

Stéphane Richard a digéré l'échec de sa tentative de racheter Bouygues Telecom: "Dans cette nouvelle donne, Orange a de grands atouts pour s'imposer". - Miguel Medina-AFP

"Le PDG d'Orange tourne la page de sa tentative avortée de racheter Bouygues Telecom. Invité ce vendredi de BFM Business, Stéphane Richard s'exprimait pour la première fois sur ce sujet."

Stéphane Richard a digéré l'échec de sa tentative de passer de quatre à trois opérateurs mobiles en rachetant Bouygues Telecom. "En France, nous avons un pays et un marché de 66 millions d'habitants qui peut supporter quatre opérateurs, peut-être pas indéfiniment car vous savez ce que j'en pense. Chacun est désormais reparti face à son destin" commente avec un brin de philosophie le PDG d'Orange, invité sur l'antenne de BFMBusiness.

Il a aussi eu l'occasion de commenter le récent veto de la Commission européenne au rachat, outre-Manche, du deuxième opérateur mobile O2 par le quatrième acteur du marché, Three UK. "Cette décision ne m'inquiète pas. J'apprécie la position de la Commissaire, Margrethe Vestager, qui explique qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle doctrine européenne et que la Commission agira au cas par cas. Je veux donc bien croire que le cas anglais ne préjuge pas de décision que la Commission pourrait avoir à prendre dans d'autre cas. D'ailleurs, nous aurons bientôt l'occasion de le vérifier dans le cas de l'Italie qui a un projet de passer de quatre à trois opérateurs, en cours d'examen à Bruxelles" explique Stéphane Richard. 

Orange augmente un peu ses prix sur la fibre optique

Il réitère aussi sa critique de ceux qui pensent que les opérateurs européens veulent réduire le nombre d'acteurs pour mieux pouvoir augmenter les prix. "On peut aussi assister à des augmentations de prix en cas de non-consolidation. Dans le cas du Danemark, les prix ont augmenté de plus de 10% après que la Commission a indirectement dissuadé le projet de passage de quatre à trois opérateurs dans ce pays" soutient le PDG d'Orange.

L'opérateur français est lui-même l'acteur d'une hausse prochaine des prix de ses offres de fibre optique, à l'occasion du lancement de sa nouvelle box internet. "Nous sommes dans une industrie qui a une équation économique avec des investissements et des prix. On ne peut pas avoir les meilleures infrastructures et les prix les plus bas. Ce n'est pas possible", a-t-il développé pour justifier par avance cette augmentation des tarifs à venir.

Frédéric Bergé