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Rome enquête sur Telecom Italia et sa prise de contrôle par Vivendi

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Le gouvernement italien a lancé une procédure pour vérifier si Telecom Italia (Tim), dont le groupe français Vivendi a pris le contrôle, avait respecté toutes les règles, avant d'en tirer éventuellement des "conséquences".

Les autorités italiennes ont décidé d'enquêter sur la prise de contrôle de Telecom Italia par le français Vivendi, qui a été autorisée par Bruxelles fin mai 2017. Cette décision du gouvernement de la péninsule fait suite au resserrement du contrôle du groupe français sur le management de l'opérateur, intervenu la semaine dernière, a expliqué le gouvernement italien sur son site internet.

Entré en 2015 au capital de Telecom Italia, Vivendi, qui en détient désormais 23,9%, a obtenu en mai 2017 les deux tiers des sièges de son conseil d'administration, prenant ainsi de facto son contrôle. Le président du directoire de Vivendi Arnaud de Puyfontaine a ensuite été nommé en juin président

"Dans les secteurs stratégiques (y compris les télécommunications), les sociétés ont des obligations de communication. Le ministère du Développement économique a demandé à l'autorité en charge auprès de la présidence du Conseil de lancer une procédure pour comprendre quelles règles Tim devait respecter, si ces règles ont été respectées, et s'il y a des conséquences à en tirer", a expliqué à l'AFP une source ministérielle.

La menace possible d'un recours au veto gouvernemental

Une des conséquences est la possibilité pour le gouvernement d'avoir recours à un droit de veto, même sans être actionnaire du groupe, précise une note sur le site du ministère des Finances de la péninsule. "On applique la loi. Il n'y a aucune action prévue" pour le moment, a ajouté cette source.

Sur Tim, "nous faisons ce que le gouvernement doit faire: appliquer les règles qui existent et nous avons demandé au palais Chigi (présidence du conseil, NDLR) de vérifier s'il y a l'obligation de notification sur l'activité de direction et de coordination de la part de Vivendi", a expliqué le ministre du Développement économique Carlo Calenda.

Alors qu'on lui demandait s'il s'agissait d'une sanction alors que l'Italie est à couteaux tirés avec la France, il a répondu: "Cela n'a rien à avoir avec la question Fincantieri". "Nous verrons ce que dira le comité et à partir de là nous évaluerons", a-t-il précisé. Contacté par l'AFP, Vivendi s'est refusé à tout commentaire.

F.Bergé avec AFP