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Recherche data-scientist désespéremment !

Si les métiers peuvent désormais utiliser directement des outils analytiques, les experts de la science des données seront toujours indispensables pour garantir la qualité des informations alimentant ces solutions sur étagère.

Si les métiers peuvent désormais utiliser directement des outils analytiques, les experts de la science des données seront toujours indispensables pour garantir la qualité des informations alimentant ces solutions sur étagère. - Pixabay

Même si les logiciels de traitements analytiques se démocratisent auprès des différents métiers de l’entreprise, le rôle des spécialistes de la donnée n’en devient pas obsolète pour autant. Ils sont en effet toujours les garants de la qualité des données exploitées. Problème, ces profils sont encore trop rares.

Ces dernières années les éditeurs de logiciels de traitements analytiques ont simplifié leurs outils permettant ainsi aux départements des entreprises de se les approprier. Si les logiciels sur étagère se démocratisent, le rôle des spécialistes de la donnée est-il alors remis en question? "Pas vraiment, répond Reda Gomery, associé responsable data et analytics chez Deloitte, même si les analyses sont simplifiées, les directions financières, marketing, RH ou achats, n’ont aujourd’hui toujours pas la capacité à collecter, structurer, fiabiliser et stocker les données dont elles ont besoin. La préparation des données est encore assez technique et nécessite des experts du traitement préalable des données.

Seuls les data-scientists savent lui garantir la qualité des données

Outre cet aspect technique, les entreprises prennent conscience de l'importance de la professionnalisation de la gestion des données. La démocratisation de ces traitements analytiques au sein des différentes fonctions métiers permet en effet à ces dernières d’améliorer leurs connaissances, de gagner en performance et en réactivité et d’anticiper l'évolution de leurs activités. Mais pour cela, les elles doivent s’appuyer sur des spécialistes tels que le chief data officer, le data steward ou encore le data analyst. "Ils sont les garants de la qualité des données, indispensables au succès d’un traitement analytique, insiste Reda Gomery. Il n'y a donc pas de remise en question des activités des professionnels historiques de la donnée, au contraire".

Une carence en profils spécialisés

Malgré les besoins, deux phénomènes ralentissent les entreprises dans leurs démarches big data. D’abord, ces rôles souffrent de l’absence d’un cadre précis. Il n’existe pas de standard national ou international du chief data officer ou du data scientist par exemple. rCela rend l’exercice d’autant plus complexe pour les entreprises que ces professions exigent plusieurs compétences et qu’il n’est pas facile de les prioriser, explique l’analyste de Deloitte. Dès lors, puisqu’il n’y a pas de normes, les entreprises ont tendances à chercher des candidats qui ont toutes les compétences, ce qui est extrêmement rarer.

Dans le même temps, il y a une pénurie de profils d’experts en science de la donnée. Déjà identifié il y a quelques années, l'écart entre le besoin et les compétences disponibles sur le marché ne se résorbe pas. "Les programmes des cycles de formation doivent être revus pour s’adapter à cette forte demande", souligne également Reda Gomery.

Eddye Dibar