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Pourquoi Facebook "inquiète" Obama

Barack Obama a donné une conférence à Paris, organisée par le réseau "Les Napoléons".

Barack Obama a donné une conférence à Paris, organisée par le réseau "Les Napoléons". - Martin Bureau - AFP

De passage à Paris, l’ancien président américain en a profité pour donner son sentiment sur les nouveaux moyens de communication, et notamment sur le fonctionnement du réseau social fondé par Mark Zuckerberg.

De la conférence de Barack Obama à la Maison de la Radio, où le tout-Paris médiatique et politique s’était massé, on retiendra surtout l’aisance avec laquelle l’ancien président américain a disserté à propos d’une large variété de sujets. Devant une assemblée conquise, il a ainsi déroulé un discours que l’on devine préparé de longue date, prouvant s’il en était besoin que son don pour la communication était intact.

Pendant une quarantaine de minutes, il s’est ainsi laissé aller à des considérations sur "les défis de notre époque", comme les inégalités économiques, le changement climatique - sujet qu’il avait évoqué plus tôt dans la journée avec François Hollande -, le terrorisme ou encore la menace nord-coréenne. Puis s’est livré au jeu des questions-réponses, avec le patron d’Orange Stéphane Richard dans le rôle de l’intervieweur.

Interrogé par ce dernier sur la domination mondiale des Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon), Barack Obama a quelque peu botté en touche, mais a tout de même exprimé sa préoccupation quant au fonctionnement du plus puissant réseau social de la planète.

Message à Zuckerberg

Comme la veille à New Delhi, lors d’une conférence organisée par un quotidien indien, il a en effet insisté sur un point: les hommes sont "plus connectés que jamais". Avec, selon lui, quelques effets pervers. "Je m’inquiète car aux États-Unis, Facebook est en train de devenir la principale plateforme par laquelle l’information est transmise", a-t-il affirmé.

Mark Zuckerberg, qu’il "connaît bien", n’est selon lui pas en cause. Mais plutôt les algorithmes utilisés par le puissant réseau social, qui "renforcent les problèmes liés à la propagande. (…) Si vous êtes un conservateur, si vous êtes à gauche ou à l’extrême gauche, vous ne recevez que des nouvelles qui vous concernent". En d’autres termes, les faits devraient fonder les opinions des utilisateurs, et non pas les servir systématiquement.

Le fondateur de Facebook, à qui l’on prête des ambitions présidentielles pour 2020, aura peut-être reçu le message.

Yann Duvert