BFM Business

Michel Combes: "Je ne souhaite pas que la promotion devienne la règle"

Michel Combes, président de Numericable-SFR, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 16 mars.

Michel Combes, président de Numericable-SFR, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 16 mars. - BFM Business

"Le président de Numericable-SFR a martelé sur BFM Business ce mercredi que l'opérateur allait retrouver le leadership, qu'il commençait à regagner des abonnés et à réinvestir massivement dans son réseau."

SFR est revenu dans le vert. À force d'économies, et en cessant de perdre des abonnés sur les derniers mois de 2015, l'opérateur acquis par Altice a cessé de perdre de l'argent. Mais sa politique de restriction des coûts fait peur en pleine consolidation du secteur des télécoms. Alors que Bouygues s'apprête à se vendre à Orange, 95% de ses salariés ne veulent être transférés que chez l'opérateur historique, et en aucun cas chez SFR ou Free. Michel Combes "comprend les interrogations". Pour le président de Numericable-SFR, "des périodes de ce type sont toujours des périodes d'inquiétudes". Mais il a tenu a rassurer ce mercredi sur BFM Business.

"SFR sort d'une période de plusieurs mois d'intégration de plusieurs actifs. Nous sommes à la fin de cette phase, SFR est reparti de l'avant, vous l'avez vu dans nos chiffres". Désormais le projet pour SFR est de "repartir en croissance". Pour cela, "nous nous devons d'investir", notamment dans le très haut débit. "En 2016, le niveau d'investissement de SFR sera le plus élevé jamais atteint par SFR et Numericable combinés au cours des dix dernières années", promet Michel Combes. Une nécessité à l'heure où "la consommation du réseau dans les foyers, avec 7 écrans en moyenne", fait exploser les besoins.

SFR veut conquérir le monde

Quant à la baisse du nombre d'abonnés accusée l'année passée, Michel Combes assure que "SFR est reparti de l'avant. Nous avons regagné des clients". Certes, mais le revenu par abonné à baissé. Cela veut dire que SFR fait des promotions massives pour reconquérir les consommateurs. Or le même Michel Combes, lorsqu'il dirigeait Alcatel, martelait qu'il détestait les promotions, parce qu'elles décevaient ceux qui n'en bénéficiaient pas. "Je ne souhaite pas que la promotion devienne la règle. Ceci dit, pendant les périodes de fêtes, il n'est pas illogique de faire un peu de promotions". Et puis "quand notre revenu par abonné a baissé de 4%, celui de nos concurrents a baissé de 6%. Nous sommes l'opérateur chez lequel il a le moins baissé", assure-t-il.

Reste que le modèle de SFR est vu comme un cocktail explosif par les marchés, entre dividendes importants, dette qui reste lourde, investissement nécessaire, et promotions indispensables pour rester dans le marché. L'opérateur a-t-il les moyens de tout assumer de front? Michel Combes évoque un modèle pour l'opérateur qui est celui d'Altice, sa maison-mère (et actionnaire du groupe Next dont BFM Business fait partie). Il s'agit "d'améliorer la performance opérationnelle de l'actif, de manière à générer des excédents de trésorerie qui permettent de réinvestir dans ce qui est le cœur de la promesse de l'opérateur: son réseau, la relation client qui va être transformée, et les éléments différenciant comme le contenu". Et Michel Combes de rappeler que "nous avons été le premier à investir news, sport, cinéma série. Tous les opérateurs de télécommunication dans le monde nous suivent. Nous sommes en train de reprendre un vrai leadership". Pour l'ex-patron d'Alcatel, SFR est une "start-up compagnie, LE nouveau groupe de télécommunication qui repart à l'assaut, non seulement de la France, mais du monde".

N.G.