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Les Pays-Bas reconnaissent que leur raid sur Air France-KLM n'était pas "orthodoxe"

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a rencontré ce vendredi 1er mars son homologue hollandais Wopke Hoekstra.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a rencontré ce vendredi 1er mars son homologue hollandais Wopke Hoekstra. - AFP

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et son homologue néerlandais Wopke Hoekstra se sont mis d'accord pour travailler ensemble pour améliorer les résultats d'Air France-KLM.

La France et les Pays-Bas vont lancer un "processus de travail" pour améliorer les performances d'Air France-KLM et ses conclusions seront rendues d'ici fin juin, a annoncé le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire après un entretien avec son homologue néerlandais.

La prise de participation surprise de 14% de l'Etat néerlandais dans le groupe aérien franco-néerlandais "n'est pas orthodoxe", a reconnu le ministre néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra, après une rencontre avec M. Le Maire, destinée à apaiser les tensions entre les deux gouvernements, suscitées par un raid boursier dévoilé en début de semaine par La Haye.

"Nous nous nous sommes expliqués", a dit le ministre français. "Nous avons surtout voulu nous tourner vers l'avenir avec, comme seul objectif, de faire d'Air France-KLM la compagnie aérienne la plus performante au monde".

"Pour cela, un processus de travail a été mis en place. Il rendra ses conclusions d'ici la fin du mois de juin et travaillera en parfaite intelligence avec Ben Smith", le patron d'Air France-KLM, a-t-il ajouté. "Nous réaffirmons notre soutien à Ben Smith", a poursuivi le ministre. "Le résultat final devra être équitable et équilibré pour les deux parties", selon un communiqué des deux ministres diffusé après la réunion.

Autre signe d'apaisement, la ministre des Transport Elisabeth Borne a assuré sur Frace Info que l'Etat n'entrerait pas dans une surenchère avec les Pays-Bas pour monter davantage au capital d'Air France. "On ne va pas rentrer dans cette escalade", a assuré la ministre qui tient à rassurer les Néerlandais sur l'avenir du hub d'Amsterdam.

Des Hollandais inquiets

Le groupe de travail mis en place sera présidé par Martin Vial, directeur général de l'Agence des participations de l'Etat (APE) et son homologue néerlandais, Christian Rebergeen, selon le communiqué.

"Nous voulons que le groupe améliore ses performances, nous voulons nous y atteler" (avec la France), a expliqué le ministre néerlandais en soulignant qu'"il n'y a pas d'autre choix qu'une place pour KLM dans le groupe".

L'entrée des Pays-Bas au capital d'Air France-KLM a été déclenchée par les doutes des Néerlandais sur la stratégie du groupe et la crainte de voir leurs intérêts négligés.

La Haye craint notamment qu'à terme, une grande partie des vols de KLM ne soit transférée à Paris, ce qui ferait perdre à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol sa fonction de hub.

L'irruption néerlandaise au capital de la compagnie a fait l'effet d'une douche froide à Paris, Bercy évoquant une décision "inamicale" et des méthodes de "trader". Le président Emmanuel Macron était monté au créneau pour demander aux Pays-Bas de "clarifier leurs intentions".

F.B. avec AFP