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Les logiciels français sont de moins en moins... français

Les fusions-acquisitions, principalement à l'initiative d'acheteurs étrangers, se sont accélérées : 189 millions d'euros de rachats en 2014, soit 68% de plus qu’en 2013.

Les fusions-acquisitions, principalement à l'initiative d'acheteurs étrangers, se sont accélérées : 189 millions d'euros de rachats en 2014, soit 68% de plus qu’en 2013. - AFP Fred Dufour

Parmi les 100 premiers éditeurs français de logiciel, 22 sont cotés en bourse contre 33 en 2009. Et les rachats par des acteurs étrangers se multiplient.

Le logiciel "made in France" se porte bien globalement mais souffre d'un problème récurrent de financement. 

Le onzième classement annuel des entreprises du secteur, le Truffle 100, réalisé en partenariat avec le Centre d'expertise des progiciels (CXP), indique que les 100 premiers éditeurs français ont réalisé l'an passé un chiffre d'affaires édition de 6,6 milliards d'euros (11,8 milliards d'euros au total).

Le classement reste dominé par Dassault Systèmes, qui représente à lui seul 30,3% des revenus du palmarès, avec un chiffre d'affaires de 2,07 milliards d'euros (pour l'édition de logiciel).

"L'industrie française du logiciel enregistre une croissance significative (+6%), à contre-courant de la conjoncture actuelle, et ce pour la 7ème année consécutive", se félicite Bernard-Louis Roques, co-fondateur de Truffle Capital en charge des Technologies de l'Information

"Si le chiffre d'affaires augmente, les profits stagnent, à 599 millions d'euros contre 604 millions l'année passée, et la pression de la concurrence internationale sur les marges nettes est fortement ressentie", pointe-t-il néanmoins.

Le montant total des acquisitions a progressé de 65 % en 2014

Derrière les bons chiffres économiques du secteur, se niche un indicateur peu flatteur qui témoigne des difficultés des acteurs français du logiciel à financer leur croissance. Seulement 22 éditeurs français sur les 100 premiers sont cotés en bourse alors qu'ils étaient 33 en 2009. Ce manque d'attractivité des marchés boursiers fait le lit, en grande partie, de la montée très forte des acquisitions d'éditeurs français par leurs homologues étrangers. 

En 2014, le montant des rachats de sociétés tricolores, effectués essentiellement par des entreprises étrangères, a grimpé à 189 millions d'euros contre 114 millions d'euros, soit 65 % de hausse en un an. Les numéro 15 et 23 du classement 2013, les éditeurs E-Front, racheté par Bridgepoint pour 300 millions d'euros et Orsyp racheté par Automic, sont passés respectivement sous pavillon britannique et autrichien.

Plus généralement, les éditeurs de logiciels français restent pénalisés dans l'accès au financement. "Il est urgent de favoriser le développement du capital-risque, en particulier au moyen des déductions fiscales des Fonds communs de placement dans l'innovation", affirme Bernard-Louis Roques.

Frédéric Bergé