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Les géants de la tech parfaitement hermétiques au ralentissement mondial

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- - LIONEL BONAVENTURE / AFP

Selon le dernier rapport Fabernovel, GAFAM et autres ont gagné 19% de capitalisation boursière au entre février et mai contre une moyenne globale de seulement 7%.

Ralentissement mondial, quel ralentissement ? Les géants de la tech ne connaissent pas la crise, ni hier, ni aujourd’hui. Selon le dernier rapport de Fabernovel, GAFAM et autres ont gagné 19% de capitalisation boursière au entre février et mai contre une moyenne globale de seulement 7%.

« Malgré les tensions entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que le ralentissement de la croissance globale, les capitalisations boursières des entreprises technologiques continuent de grimper bien plus vite que les autres secteurs », explique ainsi Jean-Christophe Liaubet, Associé, Fabernovel.

De plus, 7 des 10 plus grandes capitalisations boursières au monde sont des entreprises Tech. Il y a 10 ans le ratio était de 2 sur 10 avec Microsoft et Google. De quoi confirmer une fois de plus le glissement de l’économie vers le numérique. 

Rien d’étonnant donc de voir certains de ces acteurs passer la barre des 1000 milliards de dollars de capitalisation (ou tourner autour) comme Apple, Amazon, et dernièrement Microsoft.

« Apple a pu compter sur ses profits extrêmement élevés et un rachat d’actions. Les investisseurs d’Amazon font eux confiance à la vision stratégique de Jeff Bezos. Pour Microsoft c’est un mélange des deux : des performances financières solides et une croyance en l’avenir de Microsoft sur le cloud B2B », peut-on lire.

Sous pression

Pour autant, cette croissance boursière est parfois, voire souvent, décorrélée de la réalité économique, notamment pour les nouveaux entrants comme Uber qui n’ont jamais généré le moindre centime de bénéfice. « Zoom est la seule entreprise profitable parmi les derniers arrivés ! Les autres misent toutes leurs ressources sur la recherche et le développement d’offres qui leur donnera peut-être un jour une position dominante. Uber avec les véhicules autonomes par exemple », note Fabernovel.

Lors du trimestre écoulé, Fabernovel loue la stratégie payante de Twitter « qu’on disait être voué à l’échec parce qu’il n’arrivait pas à trouver un modèle de revenu ». « Et pourtant, grâce au marché américain et à sa croissance du nombre d’utilisateurs quotidiens, Twitter a réalisé 191 millions de profits nets ce premier trimestre. Mais Twitter gagne aussi sur le plan éthique : c’est le réseau social qui combat le plus activement les abus sur sa plateforme, une véritable force dans le climat actuel sur fond de fake news », peut-on lire.

A contrario, Tesla ne convainc pas. « Les ventes de Tesla, qui semblaient prendre un essor extraordinaire, sont moins importantes que prévu à cause notamment de délais de livraison. Tesla est aussi à un moment pivot de son histoire puisque l’entreprise passe d’un modèle “premium” à un modèle davantage orienté vers les volumes avec plus de ventes de Model 3. Enfin, l’entreprise risque de devoir faire une augmentation de capital sans quoi elle pourrait faire faillite par manque de cash ! »

Si les chiffres restent très bien orientés, Fabernovel estime que l’âge d’or pourrait s’achever assez rapidement, les géants de la tech étant sous pression dans différents domaines.

« Aujourd’hui, les GAFAM rencontrent trois problèmes majeurs. Un ralentissement de la croissance dû à la maturité de leur business, une concurrence accrue et une régulation qui n'accepte plus leurs abus. On voit d'ailleurs l'illustration de ce dernier point avec les amendes infligées à Facebook et Google. Au delà des amendes, certains vont même jusqu’à vouloir démanteler les GAFAM comme Elizabeth Warren ou même un ancien fondateur de Facebook. Ces géants n’ont pas d’autres choix que d’essayer de rassurer par de fortes campagnes de communication - à l’image de Facebook ou Amazon - et d’intégrer l’ESG (Critères environnementaux et sociaux de gouvernance) au coeur de leur business ». Suffisant pour conserver leur croissance à toute épreuve ? Réponse au prochain épisode.

Olivier CHICHEPORTICHE