BFM Business

Le e-sport deviendra-t-il un sport olympique pour Paris 2024?

Les championnats de esport ont rassemblé ce week-end 40.000 personnes dans le stade olympique de Pékin et quelques dizaines de millions de spectateurs en ligne. Un succès qui semble intéresser le CIO.

Les championnats de esport ont rassemblé ce week-end 40.000 personnes dans le stade olympique de Pékin et quelques dizaines de millions de spectateurs en ligne. Un succès qui semble intéresser le CIO. - STR-AFP

En attirant à Pékin 40.000 spectateurs dans un stade et des dizaines de millions en ligne, les championnats du monde du jeu vidéo League of Legends ont attiré l'oeil du CIO. Même Tony Estanguet, coprésident du comité Paris 2024, estime qu'il faut étudier de près le succès du e-sport.

Verra-t-on en 2024 pour les Jeux à Paris les premiers champions olympiques de jeux vidéo, ou plutôt de e-sport, un terme plus adapté à la compétition internationale? Le sujet a souvent été évoqué, mais aussitôt balayé d’un revers de manche par ceux qui ne pensent pas concevable que des athlètes puissent un jour côtoyer des experts de la manette et de la console.

Mais depuis le week-end dernier, même le comité international olympique estime possible qu’un jour le e-sport puisse devenir l’une des disciplines des Jeux Olympiques. Ce sont peut-être les championnats du monde de League of Legends, qui se sont déroulés à Pékin devant 40.000 spectateurs, qui ont changé leur regard. D’autant que cet événement s’est déroulé dans le "Nid d'oiseau", nom de l'emblématique stade olympique qui a accueilli les JO de 2008. 

Des champions de la console sur le podium

Pour le comité international olympique, les athlètes qui ont concouru méritent vraiment le statut de sportifs de haut niveau. Les joueurs se préparent et s'entraînent avec une intensité comparable à celle d'athlètes dans les sports traditionnels avec des séances d’entraînement de 10 à 12 heures par jour pour devenir des experts de Call of Duty, d’Overwatch ou de Dota. D’ailleurs, une grande compétition d’e-sport se tiendra en amont des Jeux Olympiques de Pyeongchang l'an prochain, avec le soutien du CIO. 

Reste que l’idée n’est pas née d'hier et l’un des premiers à avoir évoqué le sujet est Tony Estanguet, coprésident du comité Paris 2024. Comme le rapportait le site JeuxVidéos en août dernier, le triple médaillé d’or de kayak (2000, 2004 et 2012) déclarait qu’il fallait vraiment se pencher sur la question: "On est obligé d'y réfléchir […]. Les jeunes s'intéressent à l'e-sport et toutes ces choses. Allons à leur rencontre. Regardons si l'on peut créer des liens. Je ne peux pas dire 'non' dès le début. Je pense qu'il est intéressant d'interagir avec le CIO, avec la famille de l'e-sport, afin de mieux comprendre le processus et pourquoi l'e-sport est si populaire". 

Pour définitivement séduire le CIO, le e-sport dispose d'un argument d’ordre financier. Pour assister au championnat du monde de League of Legends, les spectateurs ont payé entre 60 et 1700 euros et les matchs se sont disputés à guichets fermés. Des dizaines de millions de personnes ont suivi la confrontation en direct vidéo sur un PC, un smartphone ou une tablette, ce qui pourrait séduire de nombreux annonceurs.

Pascal Samama