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Le ciel s’assombrit au-dessus de l'économie britannique

La Banque d’Angleterre, dans la Threadneedle Street à Londres.

La Banque d’Angleterre, dans la Threadneedle Street à Londres. - -

Le ministre britannique des Finances Georges Osborne présentait le budget 2013-2014 ce mercredi 20 mars. Il a fait état de perspectives économiques dégradées et demande la révision du mandat de la banque britannique.

Le front économique devient de plus en plus brumeux outre-Manche. A l’occasion de la présentation du budget 2013-2014, ce mercredi 20 mars, le ministre britannique des Finances a égrené les mauvaises nouvelles : la croissance sera plus faible qu’attendu, la réduction du déficit retardée, et la Banque centrale d’Angleterre devra être sollicitée pour mettre de l’huile dans les rouages.

Le pays qui a perdu son triple A le mois dernier, et dont l’Europe est le principal partenaire commercial est affecté par la crise dans la zone. A tel point qu’il revoit ses prévisions officielles de croissance à la baisse pour 2013 et 2014. L’objectif pour 2013 a été divisé par deux pour cette année en passant à 0,6% au lieu de 1,2%. Et pour 2014, Londres table désormais sur 1,8% contre 2% auparavant.

La BoE dans la guerre des monnaies ?

Moins de croissance, c’est moins de recettes. Par voie de conséquence, la réduction de la dette britannique prendra plus longtemps que prévu, a souligné George Osborne. En dépit de l’instauration de nouvelles mesures d'austérité, le ratio dette publique sur PIB ne diminuera qu'à partir de 2017-2018. Un report d’un an, alors que cette échéance avait déjà été repoussée d'une année en décembre.

Dans ce contexte, l’argentier britannique a annoncé une révision du mandat de la Banque d’Angleterre, la BoE. George Osborne souhaite permettre à la "politique monétaire de jouer un rôle plus actif pour soutenir l'économie" britannique. En somme, il voudrait que la BoE émette davantage de monnaie britannique, comme le fait la Réserve fédérale américaine avec le dollar ou la Banque du Japon avec le yen.

Cela pourrait représenter un risque inflationniste, alors que la hausse des prix a déjà atteint 2,8% sur un an en février. "Mais, comme nous l'avons constaté ces cinq dernières années, a souligné George Osborne, une inflation basse et stable est une condition nécessaire, mais pas suffisante de la prospérité".

Nina Godart