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Laurent Ridoux (HP) : "Les entreprises se servent du cloud pour écouter les réseaux sociaux"

Laurent Ridoux, Responsable Big Data chez HP, détaille comment, avec le cloud, une entreprise récolte et analyse des données recueillies sur les médias sociaux

Laurent Ridoux, Responsable Big Data chez HP, détaille comment, avec le cloud, une entreprise récolte et analyse des données recueillies sur les médias sociaux - -

Les réseaux sociaux génèrent des milliards de communications et d‘échanges informels. Les entreprises souhaitent en extraire de précieux renseignements. Laurent Ridoux, Responsable Big Data chez HP, explique quel type infrastructure répond le mieux à cette attente.

Peut-on aujourd’hui utiliser le cloud et installer des outils pour analyser les réseaux sociaux ?

Louer une infrastructure cloud brute (IaaS) de type Amazon Web Services afin d’y injecter des données issu des réseaux sociaux reste réservé à des spécialistes. Certes, de nombreux outils (y compris open source) existent sur le marché. Encore faut-il les installer, les paramétrer, disposer des connecteurs vers les plates-formes sociales (Facebook, Twitter, YouTube…) et savoir les installer… Il faut ensuite savoir déployer les solutions analytiques adéquates. Ces approches sont donc plutôt réservées à des spécialistes informatiques. Le problème est que les intéressés font généralement partie de services marketing ou commerciaux. Les agences avec lesquelles ils travaillent peuvent donc jouer le rôle d’intermédiaure et leur proposer l’analyse de ces données sous forme de service.

Par ailleurs, il existe des solutions spécialisées en mode cloud, comme HP Explore (Autonomy), proposant l’analyse des médias sociaux en combinant de multiples technologies : textuel/linguistique, analyse de sentiment, analyse vocale… Le modèle repose sur un abonnement annuel avec une tarification basée sur le nombre de documents indexés (pour les vidéos, seules les métadonnées et descriptions sont considérées). Une solution que nous proposons aussi à installer sur site.

Alors, comment choisir ?

Il faut d’abord déterminer dans quel but sont effectuées ces analyses, à quel rythme de consommation et pour quel usage. Dans un modèle traditionnel, il convient d’acheter des serveurs, de les installer de déployer le logiciel… sur une durée d’un à deux mois. Avec une solution cloud, l’infrastructure élastique s’adapte selon le besoin, et tout est disponible. Il ne reste qu’à mentionner les informations à inspecter. Au final le coût complet plaide en faveur du cloud.

Plus cher, plus complexe, le mode sur site (on premise) ne convient donc pas à l’analyse des réseaux sociaux…

Il convient d’être plus précis. S’il s’agit d’analyser les médias sociaux pour dégager des tendances, des sentiments, des influenceurs, les évolutions de thématiques dans le temps… alors, les offres cloud suffisent et fonctionnent déjà très bien.

S’il faut croiser ces informations avec d’autres médias (radio, presse écrite, télévision…) ou des bases de données de l’entreprise ou externes, très peu de services cloud savent le faire. De plus, une forte intégration devient alors indispensable rendant les coûts prohibitifs, sans omettre la complexité des infrastructures hybrides. Dans ce cas, une solution sur site s’impose.

Quels autres freins peuvent tempérer l’enthousiasme vers le cloud ?

Tout d’abord, certaines obligations réglementaires et/ou de conformité interdisent aux entreprises de certains secteurs d’externaliser des informations sensibles. Bien entendu, la peur (très souvent injustifiée) de la sécurité sur le cloud incarne aussi un frein puissant.

Lorsqu’il y a un enjeu de marque, l’entreprise a souvent déjà investi fortement sur ce type d’outil en interne, qui lui permet de réaliser une veille précieuse. Et les réseaux sociaux sont justement devenus une mine d’information indispensable. Enfin, si plusieurs solutions (cloud ou non) savent plutôt bien écouter, très peu parviennent à un niveau d’interprétation très évolué. Et moins encore, si elles ne se connectent pas avec des sources externes, pour lesquelles une installation sur site s’avère encore aujourd’hui plus adéquate.

José Diz