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Huawei : le ministre de la Défense britannique limogé

Le ministre de la Défense britannique, Gavin Williamson, à Londres le 16 janvier 2018

Le ministre de la Défense britannique, Gavin Williamson, à Londres le 16 janvier 2018 - NIKLAS HALLE'N / AFP

Theresa May a ouvertement accusé Gavin Williamson d'avoir fait fuiter la décision britannique d'autoriser une participation de l'équipementier chinois Huawei au réseau 5G du pays.

Voilà une semaine que le gouvernement britannique est sous le feu des critiques. La cause : une révélation du Telegraph, selon laquelle Londres aurait finalement décidé d'autoriser l'équipementier chinois Huawei à participer à la mise en place du réseau 5G du pays.

Un sujet ultra-sensible qui a fait sortir de ses gonds Theresa May. Cette dernière a ainsi décidé de congédier celui qu'elle juge responsable de ces fuites au Telegraph : le ministre de la Défense. "La Première ministre a demandé ce soir à Gavin Williamson de quitter le gouvernement, après avoir perdu confiance dans sa capacité à assumer les fonctions de ministre de la Défense et de membre de son cabinet" affirme Downing Street dans un communiqué.

"Preuves irréfutables"

Dans une lettre adressée à son ex-ministre, Theresa May assure même avoir des "preuves irréfutables" de sa responsabilité, ajoutant qu'il n'y a "aucune autre version crédible des événements pour expliquer cette fuite". Gavin Williamson, de son côté, a réfuté les accusations sur Twitter, expliquant que ce limogeage se faisait pour des "raisons politiques". Il a d'ailleurs été remplacé par la ministre au Développement international, l'eurosceptique Penny Mordaunt.

Dans de nombreux pays, l'intervention de Huawei dans les futurs réseaux 5G fait polémique en raison des suspicions d'espionnage qui pèsent sur le numéro 1 mondial du secteur. Les Etats-Unis sont ainsi de fervents opposants au géant chinois. En l'occurrence, Londres aurait décidé de faire intervenir l'entreprise sur des infrastructures moins sensibles que les réseaux, comme les antennes.

Mais l'information ne devait être communiquée qu'en juin prochain. Ce scandale politique intervient alors que de nombreux ténors conservateurs placent leurs pions pour prendre la suite de Theresa Maya affaiblie par ses échecs sur le Brexit.