BFM Business

Free a besoin du réseau mobile d'Orange jusqu'en 2020

Les opérateurs Orange et Free ont signé un accord en vue de la fin progressive de leur contrat d'itinérance à partir de janvier 2017. Cet accord doit se terminer à la fin de l'année 2020,

Les opérateurs Orange et Free ont signé un accord en vue de la fin progressive de leur contrat d'itinérance à partir de janvier 2017. Cet accord doit se terminer à la fin de l'année 2020, - Joël Saget-AFP

"Free renoncera progressivement, à partir de janvier 2017, au réseau mobile d’Orange. Le contrat d'itinérance 2G et 3G s'arrêtera définitivement à la fin de l'année 2020, selon un avenant qui a été signé et soumis au régulateur."

Free et Orange ne divorceront qu'en 2020. Les deux opérateurs ont signé un avenant à leur contrat d’itinérance 2G/3G le prolongeant jusqu’à la fin 2020 alors que son échéance initiale avait été fixée en 2018. Cet avenant va être communiqué à l’Arcep qui doit se prononcer sur sa conformité aux lignes directrices qu’elle a publiées le 25 mai 2016.

Cet accord met en œuvre le désengagement progressif de Free Mobile de son utilisation du réseau cellulaire d'Orange, qui lui a permis de décoller dès son arrivée tonitruante sur le marché en janvier 2012. Free revendique la couverture avec son propre réseau et ses antennes-relais de 84,5% de la population en 3G et 68,3% en 4G. 

Bien sûr, les concurrents de Free, Bouygues Télécom en tête, militaient ardemment pour un arrêt de l’itinérance sur le réseau d'Orange à l'échéance prévue, en 2018. Mais ce n'était pas l'opinion de l'Arcep. Le régulateur envisageait, dès janvier 2016, que le processus d'extinction de ce contrat, qui a permis à Free de lutter dès le départ à armes égales avec ses trois rivaux, débute rapidement, sans attendre la fin du contrat existant.

"Le devoir du régulateur est aussi de protéger les utilisateurs"

Pour les services haut débit (équivalent 3G), le régulateur des télécoms estimait que l'extinction devrait se terminer à une date évaluée à ce stade entre la fin 2018 et la fin 2020, reconnaissant, de fait, que Free avait encore besoin d’utiliser le réseau 2G et 3G d’Orange, deux années supplémentaires.

De son côté Sébastien Soriano, le président de l’Arcep avait expliqué au Figaro que "tout couper aujourd’hui, ce serait priver sans justification des millions de consommateurs de réseau, et le devoir du régulateur est aussi de protéger les utilisateurs". Free ne dispose pas de fréquences radio 2G et dépend encore d'Orange pour assurer les communications de ses abonnés qui n'ont qu'un téléphone mobile 2G, pour passer des appels voix et les SMS.

En novembre 2015, les opérateurs disposaient d’un réseau mobile, hors communes du programme "zones blanches centres-bourgs", d’environ 6.000 sites pour Free Mobile, 20.500 pour Orange, 17.000 pour SFR et 13.000 pour Bouygues Telecom.

Frédéric Bergé