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Frédéric Mazella: "60% des utilisateurs de BlaBlaCar deviennent à la fois conducteurs et passagers"

Frédéric Mazella était l'invité de BFM Business, ce mardi 6 février

Frédéric Mazella était l'invité de BFM Business, ce mardi 6 février - BFM Business

Le patron et fondateur de BlaBlaCar était ce lundi l'invité de BFM Business. Frédéric Mazella a expliqué comment il gère la dynamique d'innovation dans une société en hyper-croissance.

Comment gérer la dynamique d'innovation quand on est en hyper-croissance? Cette question, le patron de BlaBlaCar, l'avait posée en 2013 à Xavier Niel. Et ce dernier lui avait répondu, du tac au tac: "C'est vous le fondateur qui serez le garant de ce dynamisme pendant de nombreuses années".

Presque quatre années plus tard, Frédéric Mazella se retrouve très exactement dans cette situation, à la tête d'une entreprise qui n'est plus une start-up (elle compte plus de 500 employés) mais une licorne, c'est-à-dire une jeune entreprise dont la valorisation dépasse le milliard d'euros.

Alors comment Frédéric Mazella parvient-il à maintenir le cap de l'innovation? "Il faut avoir une bonne vision, de l'ambition, et des valeurs partagées", répond-il.

Les huit valeurs du patron de BlaBlaCar

Frédéric Mazella assure même que pour que ces valeurs soient comprises par tout le monde, elles doivent être "écrites". BlaBlaCar s'est ainsi construit autour de huit valeurs.

Parmi elles, le principe "the member is the boss". Frédéric Mazella explique avoir adapté le fameux "the customer is the boss" (le client est le patron), cher à Sam Walton, le fondateur de Walmart.

Car le fondateur du géant français du covoiturage ne considère pas exactement les membres de Blablacar comme des clients. "60% des gens, au bout de quelques temps d'utilisation, sont à la fois conducteurs et passagers. Nous nous sommes là pour permettre aux conducteurs et au passagers de se retrouver mais nous ne considérons pas nos membres comme des clients directs", développe-t-il.

La part de marché ne signifie pas grand chose

Autre principe: "vanity, sanity, reality". Explication: "Nous sommes inondés d'indicateurs sur l'activité. 'Vanity, sanity, reality', c'est savoir choisir les bons. Certains vont être inutiles à regarder, car ils ne seront pas significatifs pour la croissance, d'autres seront très importants" Et de citer en exemple, "la part de marché" qui, selon lui, ne signifie pas "grand chose": "Ce qui compte c'est votre activité réelle et savoir si vous êtes en croissance. Ce n'est pas la part de marché qui fait tourner la société. Elle est une conséquence d'une bonne décision, d'un bon produit", insiste-t-il.

Au passage, Frédéric Mazella rappelle qu'il est normal qu'une entreprise tâtonne avant de trouver son modèle économique. Lui-même explique avoir tester, entre 2004 et 2011, pas moins de "six business model avant de trouver le bon".

J.M.